La réunion de l'AIEA en juin sur la crise japonaise abordera l'impact politique

La réunion de l'AIEA en juin sur la crise japonaise abordera l'impact politique

Yukiya Amano.
La conférence internationale sur la sécurité nucléaire que l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA) organisera du 20 au 24 juin prochain, à Vienne, examinera l'impact politique de la crise à la centrale nucléaire japonaise de Fukushima provoquée par le séisme du 11 mars, mais aussi les aspects techniques et les manières de renforcer la surveillance mondiale des installations nucléaires, a indiqué mercredi le chef de l'agence onusienne, Yukiya Amano.

« C'est pour cette raison je souhaiterais voir la participation des dirigeants politiques », a-t-il expliqué lors d'une conférence de presse au siège de l'AIEA, à Vienne, au cours de laquelle il a annoncé avoir envoyé les invitations aux Premiers ministres et ministres des Affaires étrangères des 151 États Membres de l'AIEA.

« La conférence sera étroitement liée aux aspects techniques, mais nous devons traiter les deux aspects, l'aspect politique aussi », a-t-il ajouté.

Lundi prochain, la crise nucléaire japonaise sera discutée lors d'une réunion des États membres de la Convention sur la sûreté nucléaire (CNS), l'instrument international juridiquement contraignant mis en place après l'accident nucléaire de Tchernobyl il y a 25 ans, et dont l'AIEA assure le secrétariat.

La CNS, qui rassemble plus de 60 Etats parties, vise à promouvoir la sûreté nucléaire, la culture de la sécurité, sa gestion et le partage des connaissances entre les puissances nucléaires et les États désireux de développer cette filière pour leur approvisionnement en énergie.

Devant la presse, Yukiya Amano a poursuivi en expliquant que la conférence de juin fournirait « une évaluation et un examen préliminaires de l'efficacité des normes de sécurité existantes, à la lumière de l'accident de Fukushima ». « Cela ne doit pas consister à se tourner uniquement vers le passé, mais aussi à regarder vers l'avenir », a-t-il ajouté.

Interrogé sur la crise en cours à Fukushima, le chef de l'AIEA a estimé que la situation restait « très grave », tout en précisant que les efforts déployés par les Japonais pour y remédier montaient en puissance. « Ils rencontrent des difficultés, comme l'existence d'eau contaminée ou de hauts niveaux de rayonnement, mais il y a eu aussi des progrès. J'espère vraiment que les efforts déployés par les employés conduiront à la stabilisation des réacteurs et de cette situation de crise », a-t-il déclaré.

Selon la presse, la radioactivité de l'eau de mer était mercredi plus de 3.300 fois supérieure la normale à proximité de la centrale. A 40km de Fukushima, des taux importants ont également été observés, conduisant l'AIEA à recommander une extension des évacuations de civiles à un rayon de 20 kilomètres.

Toujours selon la presse, l'exploitant de la centrale, la société Tepco, envisagerait aussi de stocker l'eau radioactive dans un tanker au large de Fukushima, en attendant de pouvoir la traiter. Des « bâches spéciales » pourraient être enfin posées au dessus des réacteurs pour éviter l'émission de particules radioactives.