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Libye : la violence cause davantage de déplacements dans l'est, selon le HCR

Libye : la violence cause davantage de déplacements dans l'est, selon le HCR

Des réfugiés qui ont fui la Libye attendent une distribution alimentaire à la ville frontière de Sallum, en Egypte.
Le Haut commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué vendredi avoir reçu des informations concordantes de la part des nouveaux arrivants et d'un certain nombre de partenaires dans l'est de la Libye selon lesquelles il y aurait une augmentation des déplacements internes.

« L'International Medical Corps estime que près de 20.000 personnes ont trouvé refuge dans la petite ville de Al Butwen, à l'est d'Ajdabiyya depuis plus de deux semaines, tandis que le Croissant Rouge libyen nous a indiqué que quelque 5.000 personnes étaient déplacées dans la ville côtière de Derna », a dit une porte-parole du HCR Melissa Fleming, lors d'une conférence de presse à Genève.

A ce jour, le HCR a envoyé deux convois chargés de matériel médical à Benghazi par l'intermédiaire du Croissant Rouge égyptien et du Croissant Rouge libyen. L'agence onusienne a également envoyé des milliers de couvertures, matelas et autres matériels de secours. D'autres matériels de secours en Egypte pour 40 à 50.000 personnes sont prêts à être distribués si nécessaire. « A ce jour, nous n'avons pas d'accès pour pouvoir distribuer de l'aide humanitaire dans d'autres régions de Libye », a précisé Mme Fleming.

Pendant ce temps, la ville égyptienne de Marsa Matrouh, à quelque 220 kilomètres à l'est de la frontière libyenne, accueille désormais des centaines voire des milliers de Libyens. Parmi les personnes interrogées par le HCR figurent beaucoup de familles qui déclarent qu'elles espèrent rentrer en Libye bientôt. Des banderoles sont pendues dans les rues avec des messages de bienvenue aux Libyens.

Le nombre de personnes qui fuient la Libye est resté stable au cours des derniers jours. La Tunisie constate environ 2.000 arrivées par jour, la plupart de Soudanais et de Bangladeshis. A la frontière égyptienne, environ 1.500 à 2.000 personnes, des Libyens et des Egyptiens pour la plupart, franchissent la frontière chaque jour, un nombre croissant de ressortissants du Tchad étant toutefois à noter.

Le nombre de personnes attendant leur évacuation ou d'autres solutions à partir des camps de transit à la frontière entre la Tunisie et la Libye a atteint le chiffre de 8.500. « Le HCR et l'Organisation internationale des migrations (OIM) réitèrent leur appel aux gouvernements à soutenir leurs programmes d'évacuation humanitaire pour aider les personnes à rentrer dans leur pays d'origine », a dit la porte-parole du HCR.

Plus de 2.000 personnes sont désormais enregistrées auprès du HCR dans ces camps de transit, certaines étant des réfugiés déjà enregistrés auprès du HCR en Libye. Au sein de ce groupe, le HCR a constaté une augmentation du nombre de familles arrivées récemment.

De son côté, le Programme alimentaire mondial (PAM) continue de pré-positionner des stocks de nourriture en Libye et aux alentours, soit un total de 10.000 tonnes de denrées alimentaires. Il pré-positionne notamment 1.182 tonnes de farine de blé à Zarzis, en Tunisie, pour répondre aux besoins de la Libye, a indiqué vendredi le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

L’agence a également signé un accord avec le Croissant Rouge libyen pour assister 105.000 personnes dans et autour de la ville de Benghazi.

Au 23 mars, 351.673 personnes avaient fui la violence en Libye. Ce chiffre inclut plus de 178.263 vers la Tunisie (dont 19.283 Tunisiens, 21.877 Libyens et 137.103 autres), 147.293 vers l'Egypte (dont 77.237 Egyptiens, 27.161 Libyens et 42.895 autres), 11.949 vers le Niger (dont 11.091 du Niger et 858 autres), 9.168 vers l'Algérie (y compris les évacuations terrestres, aériennes et maritimes), 2.200 vers le Tchad et 2.800 vers le Soudan.