Haïti : Navi Pillay demande une amélioration en matière de droits de l'homme

Haïti : Navi Pillay demande une amélioration en matière de droits de l'homme

Navi Pillay.
A la veille du premier anniversaire du tremblement de terre en Haïti, qui a tué le 12 janvier 2010 plus de 222.000 personnes, dont 102 fonctionnaires de l'ONU, la Haut commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay, a exprimé sa solidarité avec le peuple haïtien et appelé à un effort plus concerté pour améliorer les droits de l'homme de toute la population.

Après avoir salué les efforts « très importants » du gouvernement haïtien et de la communauté internationale pour relever les défis énormes auxquels le pays fait face, ainsi que les progrès enregistrés dans de nombreux domaines, Navi Pillay a estimé que la situation restait « critique » et que des problèmes majeurs de droits de l'homme nécessitaient « une attention urgente de la part des autorités ».

« Tout d'abord, un plan global doit être mis en place par le gouvernement haïtien, avec le soutien de la communauté internationale, afin que l'Etat puisse, conformément à ses responsabilités, apporter des solutions durables en matière d'accès aux services de base, tant pour ceux qui vivent dans les camps que pour les habitants des bidonvilles », a-t-elle indiqué dans un communiqué.

Selon elle, « l'accès à un logement adéquat, à l'eau, l'assainissement, l'éducation et des soins de santé, continuent d'être bien en dessous des niveaux acceptables » et « sans un plan global, les multiples initiatives nationales et internationales de logements temporaires et de reconstruction seront insuffisamment coordonnés, entraînant la possibilité de voir des gens expulsés des camps, sans disposer pour autant de solutions alternatives adéquates ».

La Haut commissaire aux droits de l'homme a souligné que « d'importants efforts supplémentaires » devaient être faits « pour renforcer le fonctionnement de l'État de droit, des institutions, en particulier pour s'assurer que les tribunaux, les prisons et la police se conforment aux normes internationales relatives aux droits de l'homme, que la population ait davantage accès à la sécurité et la justice, et que l'impunité diminue ».

Navi Pillay a souhaité qu'une solution à la crise politique actuelle, reflétant les aspirations des électeurs haïtiens et créant un environnement plus propice à la reconstruction, soit rapidement trouvée. Elle a aussi exhorté les candidats à la présidentielle à appeler leurs partisans à s'abstenir de recourir à la violence.

La Haut Commissaire a également demandé aux autorités de faire tout leur possible pour empêcher les lynchages d'individus accusés de propager le choléra, de poursuivre ceux qui ont participé à ces lynchages, et de renforcer la campagne de communication pour informer la population sur la maladie et ses modes de transmission, afin de réduire le taux de mortalité de l'épidémie qui frappe le pays depuis le mois d'octobre.

Pour conclure, la chef des droits de l'homme de l'ONU a lancé un appel à la communauté internationale, appelant les pays donateurs à tenir leurs promesses envers Haïti.

« Nous avons tous un rôle et une responsabilité : veiller à ce qu'en 2011, la plus grande attention soit apportée pour faire avancer le pays, non seulement en termes de reconstruction, mais aussi pour une amélioration considérable des droits fondamentaux des habitants », a-t-elle conclu.