Haïti : le bilan de l'assistance n'est pas que négatif, selon l'UNICEF et le PAM

Haïti : le bilan de l'assistance n'est pas que négatif, selon l'UNICEF et le PAM

Un camp de déplacés à Port-au-Prince.
Les chefs du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) et du Programme alimentaire mondial (PAM), Anthony Lake et Josette Sheeran, ont appelé à ne pas ignorer les progrès réalisés par la communauté humanitaire dans l'assistance aux victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti même si la tâche reste énorme un an après.

Les chefs du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) et du Programme alimentaire mondial (PAM), Anthony Lake et Josette Sheeran, ont appelé mardi à ne pas ignorer les progrès réalisés par la communauté humanitaire dans l'assistance aux victimes du tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti même si la tâche reste énorme un an après.

« On ne peut nier aujourd'hui que les décombres sont encore là, que le choléra tue encore et que l'agitation politique menace les progrès réalisés. Mais le moment est venu de regarder au-delà des ruines. Un an après le séisme, nous avons le choix : nous tordre les mains ou les réunir dans un engagement renouvelé pour aider les Haïtiens à reconstruire leur pays meurtri », a souligné mardi le Directeur exécutif de l'UNICEF, Anthony Lake dans un point de vue publié dans le quotidien Miami Herald.

Dans un communiqué, il a rappelé que depuis le séisme, l'ONU et ses agences, à commencer par l'UNICEF, avaient été confrontées à « une tâche herculéenne », avec « le pire scénario humanitaire, dans l'un des pays les plus pauvres de la planète, avec un nombre massif de blessés, des catastrophes supplémentaires, la décimation des services publics, la destruction d'infrastructures critiques pour le pays, et ces trois derniers mois, l'épidémie de choléra ».

« Il y a des obstacles énormes et sans précédent », a souligné le chef de l'UNICEF, qui a appelé « à regarder en arrière, en gardant à l'esprit que cela aurait pu être bien pire et qu'en dépit des circonstances, des progrès réels ont été possibles ».

« Des milliers d'enfants ont retrouvé leurs familles. Près de 100.000 continuent de bénéficier d'espaces spécialement adaptés à leurs besoins, où des soins psychosociaux sont offerts. La nouvelle campagne « Tous à l'école » a aussi permis d'offrir une éducation à 80% des enfants directement affectés par le tremblement de terre ».

« Ce n'est qu'un début », a poursuivi Anthony Lake, estimant que « l'ONU et ses agences peuvent et doivent faire mieux pour concentrer l'aide promise sur les personnes et les communautés les plus démunies ». Selon lui, il est notamment indispensable d'assurer « une meilleure coordination entre le gouvernement, la communauté humanitaire internationale et les ONG locales » et de « faire plus pour soutenir les efforts des collectivités dans leur propre reconstruction ».

« Quand il reste tant de choses à réaliser, quand autant de personnes continuent de souffrir, il n'y a pas de temps pour l'autosatisfaction. Et il ne devrait pas non plus y en avoir pour l'auto-flagellation », a-t-il conclu. « Face à une tragédie d'une telle ampleur il est normal de chercher des responsables – et beaucoup plus difficile de voir les héros. Mais alors que nous reconnaissons franchement ce qui ne fonctionne pas à Haïti, nous devons aussi voir ce qui a été fait correctement et continuer à bâtir sur ces avancées ».

Dans un communiqué distinct, la Directrice exécutive du Programme alimentaire mondial (PAM), Josette Sheeran, a elle aussi rappelé que le tremblement de terre du 12 janvier 2010 avait « poussé jusqu'à ses limites l'expertise humanitaire » de l'agence onusienne, dont les capacité de réponses ont été confrontées à « l'ampleur et à la complexité de la situation ».

Elle a rappelé qu'en dépit de ces circonstances, dans les six semaines qui ont succédé au tremblement de terre, le PAM avait distribué des vivres à près de 4 millions d'Haïtiens et qu'il continuait encore de fournir une aide alimentaire à environ 2 millions de personnes, via différents programmes en place : repas scolaires, « travail contre argent », soutien nutritionnel aux femmes enceintes et allaitantes et leurs les enfants. Autant d'actions qui font partie d'un « effort massif de relance », selon elle, qui a permis « de faire beaucoup pendant l'année écoulée », même s'il reste « encore beaucoup à faire ».

Josette Sheeran a notamment insisté sur la nécessité de renforcer la coordination entre les agences de l'ONU, la société civile, le gouvernement haïtien et avec les organisations non gouvernementales. « Nous sommes tous engagés dans un projet humanitaire conjoint, qui est loin d'être terminé », a-t-elle insisté, avant de réitérer l'engagement de son agence au côté des Haïtiens.

« Le PAM était en Haïti avant le tremblement de terre et nous y resterons aussi longtemps que nécessaire, pour qu'Haïti connaisse un avenir libre de la faim ».