Avec les élections du 31 janvier, l'Iraq s'est montré à la hauteur des attentes - Mistura

26 février 2009
Le représentant spécial du Secrétaire général de l'ONU pour l'Iraq, Staffan de Mistura.

Le représentant spécial du Secrétaire général pour l’Iraq, Staffan de Mistura, a estimé jeudi devant le Conseil de sécurité que l’Iraq s’était montré à la hauteur des attentes de la communauté internationale avec le bon déroulement des élections provinciales le 31 janvier, les premières en quatre ans.

Le représentant spécial du Secrétaire général pour l'Iraq, Staffan de Mistura, a estimé jeudi devant le Conseil de sécurité que l'Iraq s'était montré à la hauteur des attentes de la communauté internationale avec le bon déroulement des élections provinciales le 31 janvier, les premières en quatre ans.

42 000 bureaux de vote avaient été ouverts sous la supervision de la Commission électorale indépendante et le scrutin s'est déroulé sans violence, ce qui est remarquable, a-t-il dit. Les Iraquiens ont démontré leur capacité à conduire un processus électoral de grande ampleur: 7,5 millions d'électeurs se sont présentés aux urnes pour élire leurs 440 représentants, parmi 14.000 candidats et plus de 400 entités politiques.

Au nombre de ces candidats, 3.900 femmes se sont montrées déterminées à améliorer la prestation de services publics en Iraq, qu'il s'agisse de l'électricité, de l'eau et de l'assainissement, de l'éducation et des soins et de santé, a-t-il noté. Avec l'appui de la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Iraq (MANUI), la Commission électorale a rempli les objectifs qui étaient les siens dans les délais convenus.

Bien qu'il reste encore à interpréter et analyser les résultats finaux de ces élections, il est encourageant de constater qu'environ un quart des 440 sièges seront occupés par des femmes, a-t-il déclaré, avant de souligner que le bon déroulement de ces élections reflétait la confiance que les Iraquiens placent dans leurs institutions.

Concernant la question de la réconciliation nationale, M. de Mistura a affirmé que les Iraquiens devaient saisir l'opportunité présentée par le succès de ces élections pour rejeter définitivement les violences sectaires et privilégier la recherche du consensus et du compromis. Une des principales préoccupations porte sur la persistance de tensions entre les Arabes et les Kurdes dans le pays. Il a insisté sur la nécessité de trouver une solution acceptable aux différends frontaliers internes et au statut de Kirkouk.

La MANUI a tout mis en œuvre, ce mois-ci, pour lever les obstacles qui se posent à l'accomplissement des tâches confiées au Comité chargé de la question et lui prêter assistance dans les domaines de l'expertise technique et de la médiation en cas de désaccords. En outre, la Mission reste engagée à soutenir les organes législatifs indépendants nouvellement établis, tels que la Commission indépendante des droits de l'homme, qui devra être suffisamment solide pour pouvoir examiner les préoccupations que suscitent actuellement les droits de l'homme et faire respecter les normes internationales en vigueur en la matière, au profit de tous les citoyens iraquiens.

Concernant le relèvement économique et social, M. de Mistura a noté que le pays avait continué de faire des progrès. Les réformes entreprises par le gouvernement ont permis, tout récemment, l'annulation de la dette du Club de Paris, a relevé le représentant spécial, qui a estimé qu'il fallait maintenant traduire cet effort par de véritables changements dans la vie des Iraquiens.

Selon lui, il reste beaucoup à faire, citant la nécessité de rétablir les services sociaux et l'économie de marché, qui doivent se relever d'un quart de siècle de conflits et de difficultés. Près d'un tiers des jeunes sont au chômage et les classes sont surchargées, avec parfois près de 70 élèves par professeur, a-t-il fait remarquer. L'eau potable n'est disponible que dans 40% des foyers, alors que les changements climatiques et la sècheresse menacent les réserves aquifères de l'Iraq. Par ailleurs, la baisse des prix du pétrole rend indispensable l'établissement de stratégies de développement.

Le budget 2009 est de 21% inférieur à ce qu'il était prévu initialement et les investissements de capitaux ont été réduits de 38%. Ces défis pourront être relevés, a-t-il assuré, mais il faudra pour cela un secteur public plus efficace et transparent et un secteur privé renforcé. Dans ce contexte, la générosité des donateurs et le soutien du système des Nations Unies sont plus que jamais indispensables, a-t-il ajouté.

 

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