Les réfugiés iraquiens voient les élections avec des sentiments partagés

4 février 2009
Des femmes iraquiennes attendent devant un bureau de vote (31 janvier 2009).

Les réfugiés iraquiens présents dans des pays voisins comme l'Egypte, la Jordanie et la Syrie attendent, avec des sentiments partagés, les résultats des élections provinciales qui se sont déroulées samedi dans leur pays, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Les réfugiés iraquiens présents dans des pays voisins comme l'Egypte, la Jordanie et la Syrie attendent, avec des sentiments partagés, les résultats des élections provinciales qui se sont déroulées samedi dans leur pays, selon le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR).

Certains réfugiés estiment que ces élections, qui précèdent une élection générale plus tard cette année, sont importantes pour l'avenir. D'autres, moins optimistes, ont confié que ces élections provinciales seraient inutiles.

« Cette élection s'est déroulée dans des conditions régulières et dans l'ensemble transparentes », a indiqué Mohamed* à des employés du HCR dans les bureaux de l'organisation à Amman, la capitale jordanienne. Aïcha*, une photographe iraquienne vivant au Caire, a convenu que ces élections ouvraient la voie à la réconciliation. « Je suis prête à passer outre les diversités ethniques et à voter pour quelqu'un qui est prêt à prendre cette responsabilité [pour la réconciliation] », a dit Aïcha.

« Je n'accorde aucune importance à qui contrôlera la majorité des sièges ou qui sera au pouvoir. Ce que j'espère vraiment, c'est un Iraq en paix où tous les Iraquiens puissent vivre quelles que soient leurs origines ethniques ou religieuses », a expliqué Abou*, qui vit au Caire depuis 2006.

Environ 50% de l'électorat s'est rendu aux urnes dans 14 des 18 provinces d'Iraq. C'était le premier vote organisé depuis 2005. Plus de 14.000 candidats se présentaient pour 440 sièges – les résultats officiels sont attendus dans quelques jours. Il n'y a pas eu de vote dans les trois provinces de la région semi-autonome du Kurdistan et, à Kirkouk, le scrutin a été reporté.

Alors que de nombreux réfugiés iraquiens suivent de près les élections provinciales, d'autres sont soit indifférents soit pessimistes, ne voyant aucun bénéfice réel à ce processus. « Les élections ne signifient rien », a expliqué Omar, un réfugié iraquien vivant à Damas, d'un ton amer. « Le pays est détruit et les gens n'ont d'attention que pour leur propre statut et leurs profits personnels. »

Par ailleurs, certains ont vécu des moments si difficiles qu'ils ne veulent plus rentrer en Iraq. « La plupart des membres de ma famille ont été soit tués, soit kidnappés ou ils sont maintenant des réfugiés éparpillés dans le monde entier. Je ne retournerai pas en Iraq », a dit Rose* au Caire. Sa famille a été prise pour cible dans le cadre de la violence sectaire. « Pensez-vous que c'est important pour moi de savoir qui va gagner les élections provinciales ? Cela n'a aucune importance, en tout cas pour moi », a-t-elle ajouté.

De nombreux Iraquiens vivent toujours à l'étranger. Le HCR a enregistré plus de 300.000 Iraquiens présents dans des pays voisins ou proches, comme la Syrie, la Jordanie, le Liban, l'Egypte et la Turquie. L'année dernière, quelque 195 000 déplacés internes et 25 000 réfugiés iraquiens ont pu rentrer dans leur lieu d'origine.

A l'intérieur même de l'Iraq, le HCR accroit sa présence et ses opérations suite à une amélioration de la situation sécuritaire. L'agence a doublé son budget qui s'élèvera à 81 millions de dollars en 2009 et prépare actuellement l'ouverture de nouveaux bureaux provinciaux dont le nombre passera de 10 à 16. Un soutien continu de la part des donateurs sera vital.

* Les noms ont été changés pour des raisons de protection, affirme le HCR.

 

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