Côte d&#39Ivoire : situation stable mais fragile, selon l&#39envoyé de l&#39ONU

22 octobre 2007

Le Conseil de sécurité a entendu aujourd&#39hui le représentant des Nations Unies en Côte d&#39Ivoire, qui a estimé que malgré des progrès dans l&#39Accord de Ouagadougou, la situation sécuritaire restait fragile.

« L'engagement continu des dirigeants ivoiriens pour s'approprier le processus de paix a permis de progresser dans la mise en ?uvre de l'Accord politique de Ouagadougou », a déclaré aujourd'hui Abou Moussa, Représentant spécial adjoint du Secrétaire général pour la Côte d'Ivoire.

Abou Moussa, qui présentait le dernier rapport du Secrétaire général sur l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ), a estimé que « la situation dans le domaine de la sécurité était stable mais fragile ».

Il a noté les progrès accomplis dans le démantèlement graduel de la zone de confiance, où se déploient des brigades mixtes, permettant aux troupes de l'ONUCI de se redéployer, avec l'établissement, à ce jour, de 17 postes d'observation.

Il s'est également félicité que le Centre de commandement intégré soit désormais opérationnel, suite à l'accord intervenu entre le Premier ministre et les chefs d'état-major des Forces de défense et de sécurité de Côte d'Ivoire et des Forces nouvelles.

Sur le plan politique, le Représentant spécial adjoint a salué le lancement, en septembre, des audiences foraines, prélude important, selon lui, au processus d'identification.

Il a indiqué que 20 des 25 équipes prévues pour la phase initiale des audiences foraines étaient désormais opérationnelles et qu'au 18 octobre, 3 400 demandes de certificats de naissance avaient été enregistrées.

Il s'est également félicité du niveau de participation satisfaisant, après des débuts très faibles. Concernant le rétablissement de l'autorité de l'État, le Représentant spécial a noté que 22 préfets, 27 secrétaires généraux et 107 sous-préfets avaient été déployés au 18 octobre.

« En dépit des efforts inlassables du gouvernement, le processus de paix demeure confronté à nombre de défis sérieux », a affirmé Abou Moussa. La restructuration des forces armées, a-t-il estimé, est cruciale pour concrétiser et renforcer la réunification du pays.

Il a indiqué que le Facilitateur allait soumettre prochainement au président Laurent Gbagbo et au Premier ministre Guillaume Soro des propositions concrètes sur les questions des grades et des quotas d'éléments des Forces nouvelles devant intégrer l'armée unifiée.

Il a espéré que cela relancerait le désarmement, dont il a noté qu'il n'avait pas démarré effectivement après les cérémonies symboliques de Guiglo le 19 mai et de Bouaké le 30 juillet. Il a invité les parties ivoiriennes à faire preuve de détermination pour respecter les échéances fixées, afin d'encourager les donateurs, indispensables pour accompagner le processus de paix.

Pour sa part, Alcide Djedje, représentant de la Côte d'Ivoire, a contesté certains passages du rapport du Secrétaire général, concernant les allégations de violations des droits de l'homme.

Il a aussi déploré que, « huit mois après la signature de l'Accord politique de Ouagadougou, aucune des recommandations qu'il contient sur la levée des sanctions individuelles et sur l'allégement de l'embargo sur les armes n'ait été exécutée ».

Dans son dernier rapport au Conseil de sécurité, le Groupe d'experts de l'ONU pour les sanctions sur la Côte d'Ivoire recommandait le maintien des sanctions individuelles, notamment contre Charles Goudé Blé, an application des dispositions de la résolution 1572 (2004).

 

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