Somalie : le Conseil de sécurité demande aux pays de la région d’éviter toute ingérence

16 août 2006

Répondant à une demande de l’envoyé de l’ONU en Somalie, le Conseil de sécurité a lancé un appel au respect de l’embargo sur les armes et à éviter toute ingérence dans le pays, afin de favoriser le dialogue interne.

« La Somalie fait toujours face à des efforts pour parvenir à la paix et nous soutenons ces efforts de toutes les façons possibles. L’alternative, c'est-à-dire des espoirs brisés et un nouveau cycle de conflit, est inacceptable », a dit aujourd’hui le Représentant spécial du Secrétaire général pour la Somalie, François Lonsény Fall.

Ce dernier présentait ce matin un exposé de la situation au Conseil de sécurité, après sa récente visite sur le terrain (dépêche du 27.07.06).

imageRetransmission de la conférence de presse[34mins]

« Ce matin, j’ai demandé aux membres du Conseil de continuer à exhorter la communauté internationale à respecter l’embargo sur les armes, et à tous les pays, notamment de la région, à faire preuve du maximum de retenue », a dit François Lonseny Fall, notamment « en s’abstenant d’interférer dans les affaires internes de la Somalie ».

François Lonseny a souligné néanmoins qu’un des sujet de discussion au Conseil de sécurité avait porté sur la possibilité d’assouplir l’embargo sur les armes afin de permettre au gouvernement central de renforcer sa propre armée.

Il a aussi demandé au Conseil d’appeler toutes les parties à « s’abstenir de toute provocation de nature à conduire à la détérioration de la situation actuelle » et à « reprendre le dialogue à Khartoum ».

Lors d’une déclaration à la presse à l’issue de la séance du Conseil de sécurité, son président pour le mois d’août, Nana Effah-Appenteng, du Ghana, a relayé l’appel sollicité par le Représentant spécial du Secrétaire général.

Il a aussi dit que le Conseil envisageait des sanctions à l’encontre des entités violant l’embargo sur les armes.

imageRetransmission du point de presse du président du Conseil de sécurité[6mins]

Par ailleurs, lors de sa conférence de presse d’aujourd’hui, le Représentant spécial a rappelé que « le second tour des pourparlers organisés dans la capitale soudanaise avait été reporté pour ce mois ».

Ces pourparlers engagent les Institutions fédérales de transition basées à Baidoa et le Conseil suprême des tribunaux islamiques, dont le mouvement a pris le contrôle de la capitale Mogadishu.

Le Représentant spécial a indiqué que Sheikh Sharif Ahmed, représentant des tribunaux islamiques, avait confirmé que la situation n’avait pas évolué.

Ce dernier aurait affirmé que « si les Tribunaux sont favorables à la reprise du dialogue, cela ne sera pas possible tant que les troupes éthiopiennes restent présentes dans le pays ».

En réponse à une question, François Lonsény Fall a confirmé qu’il avait eu des « informations relatives à des mouvements de troupes éthiopiennes en Somalie », mais pas à Baidoa, précisant que son bureau n’avait « pas de capacité de vérification sur le terrain ».

Il a contesté l’hypothèse selon laquelle les Nations Unies approuveraient tacitement l’entrée en Somalie de ces troupes.

 

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