Ouverture à New York de la Conférence des Nations Unies sur le commerce illicite des armes légères

26 juin 2006

La Conférence des Nations Unies chargée d'examiner les progrès de la communauté internationale pour combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères, qui tuent des centaines de personnes chaque jour dans le monde, s'est ouverte aujourd'hui à New York pour deux semaines.

« Cinq ans après l'adoption du Programme d'action des Nations Unies visant à prévenir, combattre et éliminer le commerce illicite des armes légères sous tous ses aspects, quelque 2 000 représentants de gouvernements, des organisations régionales et internationales et de la société civile se réuniront au siège de l'ONU du 26 juin au 7 juillet 2006 », indique un communiqué de l'ONU publié jeudi à New York.

La Conférence d'examen sur les armes légères 2006 sera l'occasion de faire le point sur « l'état de la lutte contre le trafic des armes légères et de petit calibre (ALPC) » depuis l'adoption du Programme d'action.

« Un accent particulier sera mis sur la question des stocks excédentaires de munitions, le rôle des acteurs non étatiques, la recherche d'un instrument juridiquement contraignant de courtage des petites armes et sur l'élaboration de mesures de sanctions à l'encontre des courtiers illégaux », affirme le communiqué.

Le Programme d'action a contribué à la réalisation de progrès considérables mais beaucoup reste à faire, souligne une étude de l'Institut de recherche pour le désarmement des Nations Unies (UNIDIR).

Une étude de « Small Arms Survey », un institut de recherche indépendant basé à Genève, estime que le nombre de victimes causées par les armes légères pendant les conflits en 2003 varie entre 80 000 et 108 000.

Selon cet institut, les armes légères illégales font en outre tous les ans 200 000 victimes tuées en dehors des conflits.

« La Conférence donne l'occasion à tous les pays de réaffirmer leurs engagements de se débarrasser du commerce illicite des armes légères et, à cette fin, d'élaborer une stratégie destinée à accélérer l'exécution du Programme », a affirmé Prasad Kariyawasam, président désigné de la Conférence et ambassadeur du Sri Lanka.

En adoptant par consensus le Programme d'action en 2001, les États Membres ont pris une série d'engagements aux niveaux national, régional et international.

Au niveau national, ces engagements comprennent l'adoption de lois et de procédures permettant de contrôler la production, l'exportation, l'importation, le transit et la destruction des ALPC. Plus de 50 pays ont renforcé ainsi leur dispositif législatif sur les ALPC depuis 2001. Quelque 60 États ont également procédé à la collecte et à la destruction d'armes légères illégales.

Au niveau régional, les dispositions prises par les États encouragent à l'établissement de moratoires sur le transfert et la fabrication d'ALPC. En Afrique, où les ALPC ont causé la mort de centaines de milliers de personnes vivant dans des zones de conflit, trois accords juridiquement contraignants ont été élaborés ? le Protocole de Nairobi sur les armes à feu, le Protocole de la Communauté de développement de l'Afrique australe et le Programme de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (CEDEAO).

Au plan international, les engagements pris visent au renforcement de la capacité des États à coopérer pour identifier et suivre les armes légères illicites (traçage) et à l'élaboration d'une position commune au sujet des principales questions liées au courtage illicite d'armes légères.

À cet égard, l'Assemblée générale a adoptée en décembre 2005 l'Instrument international d'identification et de traçage rapides et fiables des armes légères illicites à l'intention des États, une avancée significative dans la lutte contre les ALPC.

Le Protocole de l'ONU contre la fabrication et le trafic illicites d'armes à feu - additionnel à la Convention des Nations Unies contre la criminalité transnationale organisée ? constitue un autre instrument juridique important dans la lutte contre la prolifération d'ALPC.

« La Conférence d'examen ne négociera pas de traité visant à interdire aux citoyens d'un quelconque pays le droit de détenir des armes à feu ou à s'ingérer dans le commerce légal d'ALPC », précise le communiqué.

 

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