RDC : à la veille des élections, Kofi Annan appelle à cesser les "intimidations"

23 juin 2006

Dans son dernier rapport sur la République démocratique du Congo (RDC), le Secrétaire général s'est inquiété de « la détention arbitraire de membres de partis politiques » et des « manoeuvres d'intimidation des médias », rappelant que les élections du 30 juillet devaient se dérouler « dans un climat de calme, sans intimidation et sans interférence ».

« Les élections historiques, prévues pour les prochains mois en RDC, constituent le processus électoral le plus vaste et le plus complexe jamais organisé avec l'appui des Nations Unies », a rappelé le Secrétaire général dans son rapport au Conseil de sécurité sur la Mission de l'ONU en RDC (MONUC) depuis le mois de décembre 2005.

« Pour la première fois en 45 ans, l'électorat congolais (25,5 millions d'électeurs) sera appelé à voter dans quelque 50 000 bureaux de vote pour quelque 33 candidats à la présidentielle, plus de 9 000 candidats aux législatives nationales et plus de 10 000 candidats aux assemblées provinciales », a-t-il souligné.

« Compte tenu des difficultés logistiques, il sera difficile de garantir le parfait déroulement des élections, mais pour assurer la fiabilité du processus, il importe que la Commission électorale indépendante reste impartiale et qu'elle gère les élections en toute transparence », a prévenu Kofi Annan.

A propos de la transparence dans le processus électoral, il s'est inquiété des « restrictions aux libertés des citoyens », des « abus généralisés de fonds publics », d'une « corruption endémique », de « la détention arbitraire de membres de partis politiques » et des « manoeuvres d'intimidation des médias » en RDC.

Le Secrétaire général a donc engagé les responsables politiques congolais à « aborder les élections dans un esprit de réconciliation et de renouveau ».

Il a exhorté les autorités congolaises, en particulier la police nationale qui est spécialement chargée d'assurer la sécurité des bureaux de vote, à « continuer de prendre les mesures de sécurité voulues pour prévenir et empêcher toute violence éventuelle ».

« Les élections doivent se dérouler dans un climat de calme, sans intimidation et sans interférence. Les partis politiques et les candidats doivent s'abstenir de tout discours susceptible d'entraîner des tensions ethniques », a-t-il insisté.

« Il incombe au premier chef aux autorités congolaises d'assurer la sécurité pendant les élections mais la MONUC et ses partenaires continueront d'appuyer l'action du gouvernement », a par ailleurs rappelé Kofi Annan.

A ce propos, Kofi Annan a salué l'Union européenne qui a décidé d'aider les Nations Unies à « assurer la sécurité pendant les élections en mettant à leur disposition une force en attente chargée de régler, si besoin, des situations précises liées à la sécurité ».

Abordant la question de la sécurité dans la partie Est du pays, le Secrétaire général a estimé que malgré les progrès accomplis, la situation dans l'Ituri, les Kivus et le Katanga restait « fragiles ».

« Les combats entre milices continuent d'avoir des effets négatifs sur la vie des civils », a-t-il ajouté.

« Des opérations menées conjointement par les Forces armées de la République démocratique du Congo (FARDC) et la MONUC ont globalement amélioré la situation dans les Kivus et on est parvenu à contenir et à désarmer des milices. La région compte néanmoins des groupes armés intransigeants qui continuent de présenter une menace pour les populations », a-t-il expliqué.

Il s'est d'ailleurs félicité que « le commandant Maï-Maï Gédéon et ses forces aient capitulé à Mitwaba ». « Je me réjouis également des mesures prises pour traduire devant la Cour pénale internationale l'un des dirigeants notoires des groupes armés de l'Ituri », a-t-il ajouté.

« Parallèlement, on compte sur les autorités judiciaires congolaises pour redoubler d'efforts pour mettre un terme à l'impunité, y compris dans les FARDC », a-t-il poursuivi.

« Ces dernières se sont livrées à de graves atteintes généralisées aux droits de l'homme. Cela est en partie dû au fait que l'intégration de l'armée nationale a été quelque peu inefficace, en particulier à cause du manque de volonté politique, de la mauvaise gestion et du détournement des fonds réservés au paiement des salaires et de l'inadéquation de la formation et de l'appui logistique », a-t-il expliqué.

Kofi Annan a exhorté les autorités congolaises et les donateurs bilatéraux, dont l'Union européenne, à accélérer « la création d'une armée et d'une force de police réformées et à faire que les responsables d'atteintes aux droits de l'homme soient rapidement traduits en justice par un système judiciaire indépendant et digne de confiance ».

Evoquant la crise humanitaire, le Secrétaire général a jugé que la situation restait « grave », notamment pour les millions de personnes déplacées.

« Le plan d'action de la République démocratique du Congo pour 2006, lancé le 13 février à Bruxelles et Kinshasa, énonce un cadre clair et réaliste permettant de régler les problèmes humanitaires continus en République démocratique du Congo », a-t-il rappelé.

« Il reste néanmoins préoccupant que les donateurs n'aient annoncé leur contribution qu'à hauteur de 14 % des 682 millions de dollars nécessaires », a-t-il regretté.

 

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