Situation « d'urgence » au Timor-Leste, affirme le Conseil de sécurité

26 mai 2006

A l'issue de consultations à huis clos, le Conseil de sécurité a exprimé hier, dans une déclaration présidentielle, sa « profonde préoccupation » face à la détérioration de la situation sur le plan de la sécurité au Timor-Leste qui « revêt un caractère d'urgence ».

Le Conseil « condamne les actes de violence commis contre la population ainsi que la destruction de biens » et « demande instamment au gouvernement du Timor-Leste de prendre toutes les mesures nécessaires pour mettre un terme à la violence, dans le strict respect des droits de l'homme et de rétablir un environnement sûr et stable », a déclaré hier soir le président du Conseil de sécurité pour le mois de mai, Basile Ikouebe de la République du Congo.

La mission des Nations Unies dans le pays a rapporté hier que des affrontements entre la police et l'armée avaient fait 9 morts et 27 blessés parmi la police.

« Le Conseil demande instamment à toutes les parties au Timor-Leste de s'abstenir d'actes de violence et de participer au processus démocratique », a ajouté le président.

Le Conseil a également pris acte de « la demande faite par le gouvernement du Timor-Leste aux gouvernements portugais, australien, néo-zélandais et malaisien d'envoyer des forces de défense et de sécurité au titre d'arrangements bilatéraux » et s'est aussi félicité « des réponses positives » apportées et du déploiement de « forces de défense et de sécurité en vue d'aider d'urgence le Timor-Leste à rétablir et à maintenir la sécurité » (dépêche du 25.05.06).

Dans une lettre adressée au Secrétaire général hier, le président du Timor-Leste a souligné que cette demande avait été effectuée « dans un cadre bilatéral », arguant que, « compte tenu de la détérioration de la sécurité, une décision de l'ONU n'aurait pu intervenir qu'avec un 'certain retard' ».

Les autorités timoraises ont toutefois demandé au Secrétaire général de prendre les mesures qu'il jugera indispensables et utiles pour obtenir de la communauté internationale qu'elle appuie ces « pays amis ».

Dans sa déclaration présidentielle, le Conseil de sécurité a aussi salué « les initiatives du Secrétaire général, notamment de son intention de dépêcher un envoyé spécial au Timor-Leste en vue de faciliter le dialogue politique », lui demandant de continuer à le tenir informé.

Le Secrétaire général a envoyé hier son ancien « représentant spécial pour le Timor oriental », Ian Martin, actuellement en poste au Népal, afin d'examiner la situation sur le terrain. (dépêche du 25.05.06).

« Le Conseil continuera de suivre de près la situation au Timor-Leste et confirme qu'il prendra les dispositions appropriées », conclut la déclaration.

Le Timor-Leste est en proie à des troubles depuis que près de 600 militaires, soit quasiment 40% des forces armées du pays, ont été renvoyés en mars pour s'être mis en grève, affirmant être victimes de discrimination au sein de l'armée, fondée sur leur origine.

« Ces militaires sont originaires de l'ouest du pays alors que leurs chefs viennent de l'est », a expliqué hier le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Jean-Marie Guéhenno, lors d'une rencontre avec la presse à New York.

image Retransmission de la rencontre avec la presse[23mins]

Lors d'un exposé au Conseil de sécurité au début du mois de mai, le ministre des Affaires étrangères du Timor-Leste, José Ramos-Horta, reconnaissait que « les forces de police n'avaient pas encore la capacité d'agir de manière décisive et rapide » (dépêche du 5.05.06).

Avant le Bureau des Nations Unies au Timor-Leste (BUNUTIL), le pays avait accueilli successivement, depuis 1999, la Mission des Nations Unies au Timor oriental (MINUTO), la Force multinationale (INTERFRET), l'Administration transitoire des Nations Unies au Timor oriental, qui a mené le pays vers l'indépendance (ATNUTO) et la Mission d'appui des Nations Unies au Timor oriental (MANUTO).

Devant le Conseil de sécurité, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Timor-Leste, Sukehiro Hasegawa, avait proposé la création d'un bureau intégré des Nations Unies qui serait doté de composantes civile, de police et militaire, soulignant que « la démocratie demeurait fragile et la sécurité instable ».

 

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