Liban : la résolution 1559 n’est pas encore pleinement mise en oeuvre, affirme Terje Roed-Larsen

26 avril 2006

L’Envoyé de l'ONU pour la mise en œuvre de la résolution 1559 a présenté aujourd’hui au Conseil de sécurité le dernier rapport du Secrétaire général sur les mesures prises pour rétablir la souveraineté du Liban.

L’Envoyé de l'ONU pour la mise en œuvre de la résolution 1559 a présenté aujourd’hui au Conseil de sécurité le dernier rapport du Secrétaire général sur les mesures prises pour rétablir la souveraineté du Liban.

« Ce jour marque l’anniversaire du retrait de la Syrie du Liban. C’est une étape importante. L’autre étape importante a été l’intervention du Premier ministre du Liban, qui pour la première fois a présenté un exposé devant le Conseil de sécurité, lors de laquelle il a tendu la main à la Syrie », a déclaré aujourd’hui Terje Roed-Larsen.

Terje Roed-Larsen a réitéré les points principaux contenus dans le rapport, à savoir la nécessité de démarquer la frontière avec la Syrie et le désarmement des milices (Sur le rapport, dépêche du 26.04.06).

Ces deux questions sont liées notamment dans la mesure où le Hezbollah, dernier grand groupe armé n’ayant pas intégré l’armée régulière libanaise, justifie son contrôle du Sud-Liban en arguant du fait qu’Israël continue d’occuper une partie du Liban, un petit territoire connu sous le nom de « Fermes de Chebaa ».

Terje Roed-Larsen a réitéré qu’Israël avait quitté l’intégralité du territoire libanais. L'ONU considère que les "Fermes de Chebaa" font partie du Golan syrien occupé par Israël.

« Aux termes du droit international, il n’y a plus d’occupation du Liban par Israël, la revendication par une milice [le Hezbollah] de son intention de le libérer n’est donc pas légitime. Même si ce territoire était occupé, la résistance légitime incomberait à l’armée du pays », a-t-il ajouté.

« Le Hezbollah est un mouvement de résistance nationale, mais il n’est un secret pour personne qu’il a des liens étroits avec des puissances de la région ».

« Nous encourageons la Syrie et l’Iran à user de leur influence pour contribuer à la mise en œuvre de la résolution », a-t-il souligné à cet égard.

« Pour le Conseil de sécurité, il n’y a pas de controverse sur la question des ‘Fermes de Chebaa’ ». « Si le Liban entend revendiquer le territoire, il faudra procéder à sa délimitation entre les deux pays, c'est-à-dire avec la Syrie ».

« Mais pour l’instant personne n’a de définition exacte du territoire sur les cartes », a-t-il précisé.

« L’intégrité du territoire libanais ne peut être garantie que si son territoire a des frontières délimitées, ce qui ne peut se faire qu’en concertation avec la Syrie », a-t-il résumé.

« Il existe d’autres endroits de désaccords potentiels sur la frontière », a ajouté l’Envoyé spécial. Ainsi, le Liban allègue qu’un bataillon syrien se trouve toujours sur le territoire libanais, mais la Syrie estime qu’il est stationné sur le territoire syrien.

« La résolution 1559 n’est pas encore pleinement mise en œuvre », a souligné pour sa part Jean-Marc de la Sablière, Représentant de la France à l’ONU, lors d’un point avec la presse, qui a estimé encore « préoccupants » « les activités des milices et les interventions de pays tiers ».

« Il reste maintenant à la Syrie à aider le Liban à mettre en œuvre le reste de la résolution et à montrer qu’elle est prête à respecter la souveraineté de son voisin ».

Jean-Marc de la Sablière a indiqué que le Conseil de sécurité préparait un projet de résolution pour le début de la semaine prochaine, rappelant que le Liban lui-même avait demandé l’assistance du Conseil pour la délimitation de sa frontière.

Interrogé sur la poursuite de l’enquête sur l’assassinat de l’ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri, l’ambassadeur de la France a déclaré attendre le résultat du rapport de Serge Brammertz, directeur de l’enquête internationale mise en place par l’ONU.

Serge Brammertz et l’équipe de la Commission indépendante chargée de l’enquête sur l’assassinat de Rafik Hariri, se sont rendus hier à Damas, en Syrie, où M. Brammertz a séparément rencontré le Président Bashar Al-Assad et le Vice-Président Farouk Al-Charaa, a informé hier le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point de presse quotidien, au siège de l’ONU, à New York.

Ces rencontres avaient été prévues et mentionnées dans le troisième rapport de la Commission, daté du 14 mars (dépêche du 16.03.06).

 

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