Tchernobyl : les Nations Unies marquent le 20e anniversaire de la catastrophe nucléaire

26 avril 2006

Le Secrétaire général de l’ONU et les agences des Nations Unies ont marqué aujourd’hui le 20e anniversaire de la catastrophe de Tchernobyl, la plus grande catastrophe nucléaire civile de l’histoire, qui a fait au moins 5.000 morts en Ukraine et en Europe.

« Il y a vingt ans, dans la nuit du 25 au 26 avril 1986, le réacteur numéro 4 de la centrale nucléaire de Tchernobyl explosait en causant l’accident nucléaire le plus terrible de l’histoire », rappelle le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), dans un communiqué publié aujourd’hui à Nairobi.

« Aujourd’hui encore, non seulement l’Ukraine et les pays avoisinant - Belarus et Fédération de Russie - mais une bonne partie de l'Europe du nord, continuent de lutter contre les difficultés sociales, économiques, humanitaires et environnementales résultant de cette catastrophe », ajoute le PNUE.

« Un territoire équivalent à la surface de l'Allemagne a été bombardé de radiations suite à l’explosion et à l’incendie » de la centrale nucléaire, raconte le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF) dans un communiqué publié aujourd’hui à Tchernobyl.

« Des centaines de milliers de personnes ont dû être déplacées et près de 600.000 ‘liquidateurs’, beaucoup travaillant sans la moindre protection, ont sacrifié leur santé pour contenir et sceller le réacteur endommagé », se souvient l’UNICEF.

« Nous devons nous souvenir de l’héroïsme désintéressé du personnel de secours qui a fait face à l’accident, des souffrances des plus de 330.000 personnes qui ont été évacuées des zones contaminées », a souligné le Secrétaire général dans une déclaration transmise aujourd’hui par son porte-parole.

« Beaucoup de dures leçons doivent être retenues de Tchernobyl, y compris l’importance de fournir au public, lorsque surgit une catastrophe, une information transparente, en temps voulu et crédible », a fait observer Kofi Annan.

Dans l’ex-Union Soviétique, toutes les informations sur la catastrophe sont restées pendant des années un secret d’Etat. Aujourd’hui la bataille des chiffres continue.

L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a publié mardi dernier un nouveau bilan de la catastrophe. Selon le dernier rapport de l’OMS, 5.000 cas de cancers de la thyroïde ont été diagnostiqués et 4.000 autres cas pourraient être diagnostiqués dans les prochaines années (dépêche du 18.04.06).

En septembre 2005, le Forum Tchernobyl - qui regroupe plusieurs agences des Nations Unies et des scientifiques du monde entier – publiait un rapport intitulé « Tchernobyl : la véritable ampleur de l’accident ». « Jusqu’à 4 000 personnes au total pourraient à terme décéder des suites d'une radio-exposition consécutive à […] Tchernobyl », concluait le rapport (dépêche du 09.05 et communiqué de l’OMS).

Le Centre international de recherche sur le cancer (CIRC) estime à 16.000 le nombre de morts par cancers attribués à Tchernobyl. Le rapport TORCH (The Other report on Tchernobyl) estime que le chiffre se situerait entre 30.000 et 60.000. Greenpeace parle de 93.000 morts.

« Il y a plus de 4.000 cas de cancer de la thyroïde chez les enfants de la ‘Génération Tchernobyl’. Mais le cancer est seulement la partie émergée de l'iceberg.Les carences en iode, très courantes dans les environs de Tchernobyl et d'autres parties de la Biélorussie, de la Fédération Russe et de l'Ukraine font courir à toute une génération d'enfants le risque de développer des lésions cérébrales », affirme l’UNICEF dans son communiqué d’aujourd’hui.

« Au-delà des sauveteurs qui sont morts, ce sont des milliers d’enfants qui ont développé un cancer de la thyroïde, et des milliers d’autres individus pourraient mourraient mourir d’autres cancers du fait des radiations », a affirmé Mohammed El-Baradei, directeur de l’Agence internationale pour l’énergie atomique (AIEA), dans une déclaration publiée aujourd’hui.

« Les explosions qui ont détruit l’unité 4 du réacteur central et qui ont déchargé leurs contenus dans un nuage radioactif, font clairement comprendre que les risques associés au nucléaire […] vont au-delà des frontières d’un pays », a dit le directeur, appelant à une coopération internationale dans ce domaine.

Page de l’AIEA consacrée à Tchernobyl.

 

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