Assistance au peuple palestinien : le rôle des Nations Unies appelé à s’accroître, estime Kofi Annan

26 avril 2006

Au vu de la détérioration de la situation politique et humanitaire dans le Territoire palestinien, les activités des Nations Unies sont appelées à s’accroître a estimé aujourd’hui le Secrétaire général à l’ouverture d’un séminaire sur l’assistance aux réfugiés, rappelant que l’ONU ne pourrait néanmoins combler le vide laissé par une défaillance de l’Autorité palestinienne.

« Le peuple palestinien connaît actuellement une phase de transition politique majeure, alors que le processus de paix est dans une impasse, que la violence continue et que la situation humanitaire s’aggrave », a déclaré aujourd’hui le Secrétaire général dans un message prononcé à l’occasion d’un séminaire des Nations Unies sur l’assistance au peuple palestinien, qui s’ouvrait aujourd’hui au Caire.

Au vu des événements récents », il est probable que les activités des Nations Unies sont appelées à « prendre de l’ampleur », a dit le Secrétaire général dans un message prononcé par Angela Kane, Sous-Secrétaire général aux affaires politiques, à l’ouverture du séminaire organisé par le Comité pour l’exercice des droits inaliénables du peuple palestinien.

« Les organismes des Nations Unies continueront de s’acquitter de leur mission, chacun conformément à son mandat ».

« Il doit être bien clair pour tous, cependant, que c’est l’Autorité palestinienne qui fournit l’essentiel des services de base sans lesquels on ne pourra éviter une crise humanitaire. L’ONU et les ONG ne sont pas en mesure de combler le vide que laisserait une défaillance des institutions de l’Autorité palestinienne », a dit Kofi Annan.

« Qui plus est, ces institutions sont les fondations sur lesquelles on espère édifier un État palestinien. En tenant compte de toutes ces considérations, l’Organisation continuera de rechercher, en concertation avec ses partenaires et les parties intéressées, les moyens de satisfaire les besoins des Palestiniens », a dit le Secrétaire général.

« Nous voyons se conjuguer plusieurs facteurs qui risquent de déboucher sur une grave crise humanitaire », a-t-il prévenu.

« D’importants donateurs ont cessé d’apporter un appui direct à l’Autorité palestinienne, Israël continue de refuser de verser à celle-ci les impôts qu’il collecte pour son compte conformément au Protocole de Paris et la contraction de l’activité économique réduira probablement les recettes fiscales d’origine interne ».

« L’opération irrégulière menée au point de passage de Karni et les bouclages internes en Cisjordanie entravent la circulation des personnes et des marchandises, aggravant la pauvreté et le chômage », a dit le Secrétaire général qui a appelé les deux parties à « assurer le bon fonctionnement du point de passage des marchandises à Karni, une nécessité vitale pour l’économie de la bande de Gaza ».

« C’est une source de difficultés et d’humiliations quotidiennes pour la population palestinienne, tout comme la construction d’une barrière dans le territoire palestinien occupé, qui se poursuit au mépris de l’avis consultatif donné par la Cour internationale de Justice », a estimé Kofi Annan.

Sur la détérioration de la situation politique, le Secrétaire général a déclaré espérer que « le nouveau cabinet de l’Autorité palestinienne s’emploiera à satisfaire l’aspiration de ce peuple à la paix et à un État que le Président Abbas a clairement exprimée ».

« Pour cette raison, je demande à l’Autorité palestinienne de réaffirmer l’attachement des Palestiniens au principe de la non-violence, de la reconnaissance du droit d’Israël à l’existence et de l’acceptation des accords et des obligations précédemment souscrits, y compris la Feuille de route. Ces principes et les résolutions de l’ONU forment le soubassement de l’action menée pour faire prévaloir une solution prévoyant deux États ».

« Les Israéliens ont eux aussi élu de nouveaux dirigeants. Je demande instamment au nouveau Gouvernement israélien de respecter ses engagements, y compris ceux qui figurent dans la Feuille de route », a dit aussi le Secrétaire général.

« Je demande à Israël de mettre fin à ses activités d’implantation et autres actions susceptibles de préjuger l’issue des questions touchant au statut définitif, et je l’encourage à reconnaître qu’un règlement pacifique du conflit ne peut pas être imposé de manière unilatérale ou hors du cadre d’une paix régionale globale », a-t-il ajouté.

Déplorant l’intensification de la violence, « notamment les attaques à la roquette et les attentats-suicides du côté palestinien, ainsi que les frappes aériennes, les tirs d’artillerie et les opérations au sol du côté israélien », le Secrétaire général a aussi rappelé que, parallèlement, la communauté internationale devait « s’attacher à promouvoir la création de deux États, la solution dont dépendent la paix et la sécurité des deux peuples concernés et de la région ».

 

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