Face à la pire sécheresse depuis 10 ans, l'ONU lance un nouvel appel pour la Somalie

4 avril 2006

« Si nous ne faisons rien, des milliers de personnes vont mourir de famine dans les semaines qui viennent » a averti aujourd'hui Christian Balslev-Olesen, coordonnateur humanitaire pour la Somalie, renouvelant l'appel lancé le 21 mars dernier aux donateurs afin de rassembler 326 millions de dollars.

« Quand nous avons lancé cet appel, les gens ont pu se dire : une crise de plus en Somalie, qui est de toute façon en crise continue depuis 15 ans » a reconnu le représentant du le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) lors d'une conférence de presse à New York. « Mais c'est plus que cela : la sécheresse qui touche la corne de l'Afrique est la plus sévère depuis 10 ans ».

image• Retransmission de la conférence de presse[39mins]

Un quart de la population (sur un total estimé à environ 9 millions) dépend de l'aide humanitaire pour sa subsistance. La sécheresse a décimé la moitié des troupeaux et « la proportion du bétail mort pourrait atteindre 80 % dans les prochaines semaines » a estimé Christian Balslev-Olesen.

Dans le sud, zone la plus touchée, des dizaines de milliers de personnes sont forcées à l'exil intérieur pour chercher de l'eau et de la nourriture. Plus de 80 % des écoles sont fermées. En outre, une épidémie de polio s'est déclarée dans la région.

La sécheresse touche également les pays voisins, notamment le Kenya et l'Ethiopie. En tout, 7,5 millions de personnes sont menacées par la famine dans la région, avait rappelé le mois dernier l'envoyé spécial des Nations Unies pour la corne de l'Afrique.

« La Somalie est plus vulnérable encore, en raison de la situation sécuritaire, qui rend l'accès aux populations très difficiles » a ajouté Mr Balslev-Olesen. Il y a deux semaines, une personne a été tuée lors de l'attaqued'un camion du Programme alimentaire mondial (PAM).

Néanmoins, un processus politique est en cours en Somalie. Pour la première fois depuis des années, un gouvernement et un parlement siègent sur le territoire du pays. « C'est le moment pour la communauté internationale d'intervenir, d'aider la Somalie » a souligné le coordonnateur humanitaire. « La situation humanitaire et la situation politique sont liées. Si nous ne tenons pas nos promesses en matière humanitaire, cela aura des conséquences sur le processus politique », a-t-il conclu.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.