Louise Arbour salue une « révolution silencieuse » en matière de droits de l'homme

27 mars 2006

La Haut Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, Louise Arbour, a salué aujourd'hui la « révolution silencieuse » en cours dans son domaine, qui a culminé avec la création du Conseil des droits de l'homme, le 15 mars, qu'elle a qualifié de « moment historique ».

Louise Arbour s'exprimait à Genève à l'occasion de la dernière réunion de la Commission des droits de l'homme, dont la suppression a été décidée le 23 mars, qui va être remplacée par le nouveau Conseil créé par l'Assemblée générale le 15 mars dernier.

Elle a rappelé une série de décisions récentes qui ont « permis de remettre les droits de l'homme à leur place, au cœur des Nations Unies ».

« Les droits de l'homme ont été reconnus comme un des trois piliers du système des Nations Unies. Les Etats membres ont endossé – lors du Sommet mondial de septembre 2005 - la responsabilité de protéger les populations contre les génocides, crimes de guerre, nettoyages ethniques et crimes contre l'humanité ».

Le droit au développement a été explicitement rappelé. Pour la première fois, un mandat intergouvernemental a été donné pour faire des droits de l'homme une question centrale. Par ailleurs, l'importance vitale de l'éducation aux droits de l'homme a été reconnue et les besoins particuliers des Etats sortant de conflits ont été reconnus réellement à travers la création de la Commission de consolidation de la paix.

Une série d'engagements à laquelle s'est ajouté le doublement du budget du Haut Commissariat aux droits de l'homme par l'Assemblée générale, l'an dernier.

Mais au-delà de ces progrès et des réformes institutionnelles, l'impact réel sur les populations « dépendra d'une profonde mutation culturelle qui doit les accompagner » a souligné la Haut Commissaire.

« La protection des droits de l'homme prospérera dans un environnement de franche et rigoureuse coopération. Aucun progrès ne peut être fait dans une atmosphère de méfiance et si chacun ne poursuit que ses propres intérêts », a-t-elle ajouté.

Louise Arbour a souligné que la première occasion de donner vie au nouveau Conseil se présentera dès le 9 mai, avec l'élection de ses premiers membres. « C'est une opportunité que personne – ni les candidats ni l'électorat - ne doit manquer, afin de donner le ton et de souligner l'éthique de ce nouvel organe ».

« Le Conseil se réunira pour la première fois le 19 juin. Il est important qu'il trouve dès sa première session une manière de traiter des questions de fond relevant de son mandat tout en établissant ses procédures de travail. Sa crédibilité requière qu'il agisse sur le fond » a ajouté la Haut Commissaire.

Louise Arbour a par ailleurs saisi l'occasion de cette dernière réunion de la Commission des droits de l'homme pour saluer le travail effectué par elle en soixante ans d'existence, « même si, pleinement conscients de ses défauts, nous accueillons l'arrivée de son successeur ».

Même sur le sujet hautement controversé de l'examen de la situation des droits de l'homme au niveau national, le Haut Commissaire a souligné que la Commission avait « pendant des années montré sa capacité à défendre les victimes de violations des droits de l'homme au niveau national », notamment en Afrique du Sud et au Moyen-Orient. Elle a appelé le futur Conseil à construire sur la base de ces réalisations.

Le nouveau Conseil des droits de l'homme se réunira pour la première fois le 19 juin prochain.

 

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