Corne de l'Afrique: l'Envoyé de l'ONU appelle à explorer les causes de la famine

23 février 2006

Kjell Magne Bondevik, Envoyé spécial pour la situation humanitaire dans la Corne de l'Afrique, en visite actuellement dans la région ravagée par la sécheresse, a insisté aujourd'hui sur la nécessité d'explorer les causes profondes de l'insécurité alimentaire qui affecte aujourd'hui 11 millions de personnes dans cinq pays différents.

« J'ai vu de mes propres yeux les terribles conséquences de la sécheresse sur les communautés de pasteurs et de fermiers ainsi que sur leurs familles », a déclaré aujourd'hui à Nairobi Kjell Magne Bondevik, après sa visite dans la région de Kajaido au Kenya, indique un communiqué du Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA).

« Les enfants sont souvent les plus vulnérables parmi les communautés affectées par la sécheresse où la disparition du cheptel menace leur survie » a-t-il souligné.

Après des années de malnutrition, de pénurie affectant les produits alimentaires de base et de conflits persistants, la sécheresse a affecté des millions de personnes en Ethiopie, en Erythrée, en Somalie, à Djibouti et au Kenya.

Ancien Premier ministre de la Norvège et récemment nommé Envoyé spécial de l'ONU, Kjell Bondevik, a rencontré des responsables des gouvernements ainsi que des représentants des Nations Unies, de la communauté humanitaire et des donateurs, au cours de sa visite, d'une durée totale de trois jours dans la Corne de l'Afrique.

« Une meilleure coordination entre les acteurs de l'aide humanitaire est cruciale pour faire face à cette crise dévastatrice qui affecte des millions de personnes » a-t-il souligné.

Le Programme alimentaire mondial (PAM) estimait, début janvier, que la sécheresse affectait 2,5 millions de personnes au Kenya, 1,4 million de personnes en Somalie, 1,5 million de personnes en Ethiopie et 60.000 personnes à Djibouti (voir notre dépêche du 13 janvier 2006).

L'agence avait appelé instamment les donateurs à fournir une aide alimentaire immédiate pour 5,4 millions de personnes, rappelant que de nombreux enfants dans la région ne mangeaient qu'un repas par jour.

Le Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) avait lancé, début février, un appel de fonds de 16 millions de dollars supplémentaires pour étendre ses efforts de secours dans la région et déclarait que 1,5 millions d'enfants en dessous de l'âge de 5 ans souffraient de malnutrition (voir notre dépêche du 7 février 2006).

Jean Ziegler, expert indépendant de la Commission des droits de l'homme des Nations Unies, rappelait, le 20 février dernier, qu'en vertu du droit à l'alimentation, les Etats étaient dans l'obligation de venir en aide aux populations menacées par la famine (voir notre dépêche du 20 février 2006).

 

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