Attaques, viols et pillages continuent au Darfour, selon la mission de l'ONU au Soudan

23 février 2006

Selon la Mission des Nations Unies au Soudan, les forces armées soudanaises, appuyées par les miliciens, continuent d'attaquer les populations civiles du Darfour, de violer les femmes, de piller et de brûler les villages, a rapporté aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général.

« Selon la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS selon son acronyme anglais), quatre villages du Nord du Darfour ont été aujourd'hui attaqués, des soldats auraient pillés et brûlés les maisons et violé une femme », a rapporté aujourd'hui Stéphane Dujarric, porte-parole du Secrétaire général, lors de son point de presse quotidien, au siège de l'ONU à New York.

« L'UNMIS a reçu des informations selon lesquelles les forces armées, appuyées par les miliciens, ont attaqué un village situé dans le nord de la région. Ils s'en sont pris à la place du marché et détruit l'alimentation en eau, tuant au passage de nombreux animaux », avait informé hier le porte-parole.

« D'autres informations font état d'une attaque contre un second village, Al Amin, situé dans le nord du Darfour, où la place du marché a été mise à sac et des huttes brûlées », indiquait encore Stéphane Dujarric.

« En outre, un véhicule de l'Union africaine a été volé lundi par des hommes armés non identifiés », ajoutait-il.

« Dans de nombreuses régions du Darfour, les meurtres et les viols continuent et les gens fuient par milliers. Il y a aujourd'hui 2 millions de déplacés et 3 millions de personnes, soit la moitié de la population du Darfour, ne survivent que grâce à l'aide internationale. Bien des endroits deviennent trop dangereux pour que les agents humanitaires puissent s'y aventurer », avait rappelé le Secrétaire général le 25 janvier dernier.

Constatant que les forces de l'Union africaine sont trop peu nombreuses sur le terrain - 5.000 soldats et 2.000 policiers et observateurs militaires pour un territoire de la taille du Texas – pour protéger la population, le Secrétaire général avait plaidé pour « le passage d'une force de l'Union africaine à une opération des Nations Unies au Darfour ».

Répondant à cet appel, le Conseil de sécurité avait demandé au Secrétaire général, le 3 février dernier, d'établir un plan d'urgence présentant diverses options dans la perspective d'une transition de la mission de l'Union africaine au Darfour à une opération des Nations Unies.

 

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