Le Secrétaire général exhorte le Hamas à entendre les appels du Quatuor et des pays du Moyen-Orient

9 février 2006

Le Secrétaire général a souligné aujourd'hui l'importance de continuer à soutenir financièrement l'Autorité palestinienne et de nouveau appelé le Hamas, qui refuse encore de reconnaître Israël, à entamer sa transformation en un parti politique.

« J'appelle le peuple palestinien, qui a voté de manière pacifique, à poursuivre les efforts engagés avec le Quatuor pour mettre en œuvre la Feuille de route », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général, lors d'une rencontre avec la presse, à son arrivée au siège de l'ONU à New York.

image• Retransmission du point de presse du Secrétaire général[18mins]

Kofi Annan, qui doit s'entretenir aujourd'hui avec le nouveau ministre des Affaires étrangères d'Israël, Tzipi Livni, a indiqué qu'il aborderait la situation sur le terrain et son évolution depuis les élections palestiniennes, « et bien sûr sur les élections israéliennes qui approchent ».

« Je pense qu'il est important de se souvenir que les élections palestiniennes viennent à peine de se tenir. Le Hamas a remporté les élections mais n'a jamais gouverné. Il a besoin de temps pour s'organiser. Le gouvernement de transition restera en place pendant encore trois mois. Il faut espérer que cela laissera du temps au Hamas pour qu'il s'organise en consultation avec le président Mahmoud Abbas », a-t-il déclaré.

« Des discussions avec le Hamas sont en cours dans la région, en Egypte et en Arabie saoudite. J'espère qu'en fin de compte ils entendront l'appel du Quatuor à respecter toutes les obligations de l'Autorité palestinienne, qu'ils opèreront leur transformation en un parti politique et qu'ils accepteront la solution des deux Etats », a dit Kofi Annan.

Tous les membres du futur gouvernement palestinien doivent s'engager à respecter la non-violence, à reconnaître l'Etat d'Israël et à accepter les engagements antérieurs, notamment la Feuille de route, avait affirmé le Quatuor pour le Moyen-Orient, au lendemain des élections, dans une déclaration qui indiquait que l'aide internationale serait révisée au regard du respect de ces principes (voir notre dépêche du 30 janvier 2006).

Sur le plan financier et économique, a encore souligné Kofi Annan aujourd'hui, « l'Autorité palestinienne a désespérément besoin d'assistance et nous faisons ce que nous pouvons pour l'aider. James Wolfensohn, l'envoyé du Quatuor, est à l'heure actuelle en pourparlers avec les gouvernements pour s'assurer que le gouvernement de transition dispose des ressources nécessaires pour répondre à ses responsabilités ».

Interrogé sur la poursuite de l'assistance financière alors que le Hamas a réitéré son refus de reconnaître Israël, le Secrétaire général a rappelé que « nous en étions encore au tout début du processus ».

« Nous allons soutenir le gouvernement de transition afin qu'il puisse continuer son travail. J'exhorte le Hamas à entendre les appels émis non seulement par le Quatuor mais aussi par d'autres gouvernements dans la région tendant à ce qu'il se transforme en parti politique », a-t-il ajouté.

« Il faut aussi comprendre que ce n'est pas la première fois qu'un mouvement armé se transforme en un parti politique. Nous en avons de nombreux exemple de par le monde », a-t-il fait remarquer.

Le Secrétaire général avait déjà estimé lors d'un point avec la presse le 31 janvier que « si le Hamas accepte de renoncer à la violence et de reconnaître Israël comme l'a fait l'Autorité palestinienne, et s'il opère sa transformation d'un mouvement armé en un parti politique, la communauté internationale devrait pouvoir travailler avec lui » (voir notre dépêche du 31 janvier 2006).

Interrogé par ailleurs sur l'existence d'un mouvement de radicalisation religieuse au Moyen-Orient, avec la victoire du Hamas aux élections palestiniennes, la victoire de partis religieux en Iraq et le renforcement des Frères musulmans en Egypte, Kofi Annan a déclaré : « Je ne suis pas prêt à accepter le fait qu'il s'agisse d'un rejet total des mouvements laïques et d'un mouvement radical vers les partis islamiques ».

« En Palestine, le Hamas fournit depuis longtemps des services sociaux. Ils sont vus comme disciplinés et non corrompus ». « Il faut se poser la question de savoir en faveur de quoi les gens ont voté : pour un gouvernement « propre », pour la paix, pour un environnement stable permettant à leurs enfants d'aller à l'école ou pour la charte du Hamas ? A mon avis, ils ont voté en faveur d'une Palestine pacifique, stable et bien organisée », a affirmé Kofi Annan.

« Donc c'est une leçon et un message pour tous les gouvernants de la région, et ailleurs dans le monde. Les gens veulent une bonne gouvernance, et ils sont prêts à voter pour ceux qu'ils considèrent capables de l'appliquer », a-t-il expliqué.

« Je pense que si les régimes en place dans la région étaient vus comme capable de répondre aux attentes et d'être plus près du peuple, les résultats auraient été différents », a conclu le Secrétaire général.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.