Journée mondiale contre le cancer : l'OMS appelle à une action mondiale pour éviter 8 millions de décès d'ici à 2015

3 février 2006

Avec près de 7,6 millions de décès en 2005, le cancer est l'une des principales causes de mortalité dans le monde, annonce l'agence des Nations Unies qui propose une stratégie visant à réduire le taux de décès par maladie chronique de 2% par an d'ici à 2015, notamment en améliorant la prévention dans les pays en développement.

« L'Organisation mondiale de la santé (OMS) a proposé l'objectif mondial d'une réduction des taux de décès par maladie chronique de 2 % par an de 2006 à 2015. On pourrait ainsi éviter plus de 8 millions de décès par cancer sur les 84 millions prévus durant la prochaine décennie » indique un communiqué de l'agence publié aujourd'hui à Genève.

« Plus de 70 % de tous les décès par cancer surviennent dans des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire où les ressources susceptibles d'être affectées à la prévention, au diagnostic et au traitement du cancer sont limitées voire inexistantes. Le tabagisme à lui seul est à l'origine d'environ 1,5 million de décès par cancer chaque année », indique l'OMS.

L'agence indique avoir élaboré une stratégie mondiale contre le cancer, en réponse à une résolution adoptée en mai 2005 par l'Assemblée mondiale de la Santé.

« Nous devons avant toute chose chercher à combler l'énorme fossé entre pays développés et en développement pour tout ce qui touche à la prévention, au traitement et aux soins dans le domaine du cancer. Alors que de nombreux cas de cancer sont évitables ou guérissables s'ils sont rapidement dépistés et correctement soignés, il arrive malheureusement que les tumeurs soient décelées trop tard et qu'un traitement adéquat ne soit pas disponible. En outre, le traitement de la douleur cancéreuse et des soins palliatifs peuvent sensiblement améliorer la qualité de vie de nombreux malades », a déclaré Catherine Le Galès-Camus, sous-directrice générale de l'OMS chargée des maladies non transmissibles et de la santé mentale.

« On estime que plus de 40 % des cancers sont évitables. Pourtant, la très forte augmentation de facteurs de risque tels que le tabagisme et l'obésité contribue à l'accroissement des taux de cancer, surtout dans les pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire », précise le communiqué.

« Il convient aussi de mentionner d'autres facteurs de risque évitables comme les substances cancérogènes présentes dans l'environnement et les infections dues au virus de l'hépatite B ou au virus du papillome humain ».

Parmi les mesures prises par l'OMS, le communiqué qualifie d' « événement fondamental » l'entrée en vigueur pendant l'année écoulée du premier traité de l'OMS relatif à la santé mondiale. « La Convention-cadre de l'OMS pour la lutte antitabac représente une étape majeure en vue du recul du tabagisme, principale cause évitable de cancer » (voir notre dépêche du 24 février 2005).

De plus, la Stratégie mondiale sur l'alimentation, l'exercice physique et la santé offre une approche multisectorielle pour la réduction des principaux facteurs de risque de cancer et d'autres maladies chroniques, ajoute le communiqué.

L'OMS cite aussi le Programme sur la sécurité chimique, « un réseau mondial qui, sous la direction de l'agence, vise à réduire l'exposition aux substances cancérogènes » et les programmes de vaccination contre l'hépatite qui font partie des stratégies de vaccination mondiales de l'OMS.

Pour améliorer le dépistage précoce, le traitement et les soins dans le domaine du cancer, le Centre international de Recherche sur le Cancer (CIRC) de l'OMS apporte des éléments scientifiques sur les causes du cancer et les mécanismes de son apparition et élabore des stratégies de dépistage précoce.

L'OMS collabore également avec divers acteurs clés de la lutte anticancéreuse, notamment d'autres organismes du système des Nations Unies comme l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), des organisations non gouvernementales (ONG) comme l'Union internationale contre le cancer et de nombreux instituts nationaux du cancer.

L'OMS préconise une « approche intégrée de la prévention, du traitement et des soins pour toutes les principales maladies chroniques ».

Ces approches intégrées, qui associent la prévention, le diagnostic et la prise en charge du cancer et celles des cardiopathies, des accidents vasculaires cérébraux, du diabète et d'autres maladies chroniques, sont nécessaires parce que les facteurs de risque sont les mêmes (tabagisme, mauvaise alimentation et sédentarité) et qu'elles appellent de la part du système de santé des ripostes du même type, indique l'agence des Nations Unies.

 

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