Procès d'Andijan : la Haut-Commissaire aux droits de l'homme appelle l'Ouzbékistan à respecter les droits fondamentaux

23 décembre 2005

La Haut-Commissaire aux droits de l'homme, Louise Arbour, a exhorté aujourd'hui le gouvernement ouzbek à respecter les normes internationales de procédure, à l'annonce de l'ouverture ce mois-ci de procès à huis-clos liés aux événements d'Andijan, en mai dernier.

« Si la procédure est similaire à celle du dernier procès qui s'est conclu par la condamnation de 15 défendeurs le mois dernier, nous avons de très bonnes raisons d'être préoccupés », déclare Louise Arbour, dans un communiqué publié aujourd'hui par le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH).

« A l'issue des procès du mois dernier, Louise Arbour avait déploré les irrégularités, l'absence de défense adéquate et les informations selon lesquelles très peu de preuves avaient été fournies, en dehors d'aveux identiques aux accusations du procureur et peu compatibles avec les informations disponibles par diverses autres sources », rappelle le communiqué.

La Haut-Commissaire a exhorté aujourd'hui le gouvernement ouzbek à « respecter scrupuleusement les normes librement acceptées par le pays prescrivant le déroulement d'un procès équitable ».

Le gouvernement ouzbek a refusé l'envoi d'un expert des Nations Unies chargé de suivre le jugement et disposant d'un accès au dossier et aux centres de détention.

« Le Gouvernement a rejeté une enquête internationale. Tels qu'ils sont menés, ces procès risqueront de produire des condamnations injustes et infondées tandis que les véritables responsables d'atrocités resteront impunis », a conclu Louise Arbour.

Quatre rapporteurs de la Commission des droits de l'homme ont exprimé en octobre dernier leur préoccupation face au déroulement du procès de 15 personnes devant le tribunal pénal de la Cour supérieure d'Ouzbékistan, accusées d'être les organisateurs des événements qui se sont produits dans la ville d'Andijan au mois de mai dernier (voir notre dépêche du 26 octobre 2005).

Dans un rapport du 12 juillet dernier sur la répression des manifestations d'Andijan, le Haut Commissariat des Nations Unies aux droits de l'homme (HCDH) faisait état de « témoignages directs dignes de foi qui fournissent de sérieuses raisons de croire que les militaires et les forces de sécurité ont commis de graves violations des droits de l'homme » (voir notre dépêche du 13 juillet 2005).

Selon les informations parues dans la presse, les événements d'Andijan, le 13 mai dernier, ont commencé par manifestations pacifiques devant un tribunal qui jugeait 23 personnes accusées d'être des extrémistes islamiques. L'intervention d'hommes armés pour libérer ces personnes ont été suivies de manifestations de la population, y compris des femmes et des enfants, qui ont été violemment réprimés par les autorités ouzbèks, notamment en tirant sur les manifestants et en achevant les blessés, faisant plusieurs centaines de morts.

Les autorités ouzbèks, indiquant avoir réprimé « une manifestation d'extrémistes islamiques utilisant la population comme bouclier », a estimé le nombre de morts à une dizaine.

Un groupe de 540 personnes a fui l'Ouzbékistan à la suite de ces événements pour se réfugier au Kirghizistan voisin, où ils ont été recueillis par le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.