Ouverture à Genève de la conférence internationale sur la grippe aviaire

7 novembre 2005

Une conférence internationale visant à mettre en place une stratégie mondiale pour lutter contre la grippe aviaire et prévenir une pandémie de grippe humaine s'est ouverte aujourd'hui à Genève, au siège de l'agence des Nations Unies pour la santé, en présence de plus de 400 experts en santé, décideurs politiques, économistes et industriels.

La conférence, organisée conjointement par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), l'Organisation des Nations Unies pour l'Alimentation et l'Agriculture (FAO), l'Organisation mondiale de la Santé animale (OEI) et la Banque mondiale, regroupera au total, du 7 au 9 novembre, plus 600 délégués venant de plus de 100 pays, indique un communiqué de l'OMS publié aujourd'hui à Genève.

Lors d'un discours, prononcé à l'ouverture de la conférence, Lee Jong-Wook, directeur général de l'OMS, a rappelé les différences qui existent entre les termes « grippe », « grippe aviaire » et « pandémie de grippe humaine ».

« Chaque année nous devons faire face à un nouveau type de virus de la grippe. Chaque année, un vaccin est développé pour contenir le nouveau virus de la grippe », a rappelé Lee Jong-Wook.

« Nous sommes actuellement confrontés à une propagation ininterrompue de grippe aviaire. Des oiseaux migrateurs, qui se déplacent partout dans le monde à la saison des nids, sont en train d'infecter les oiseaux domestiques. Plus de 150 millions de volailles, la plupart des poulets, sont morts ou ont été abattus. Quelque 63 personnes, sur 124 humains infectés, sont décédés depuis le mois de décembre 2003 », a expliqué le directeur de l'OMS.

« Il n'y a pas pour l'instant de début de pandémie de grippe humaine dans le monde. Cependant, tout porte à croire qu'elle se produira. La pandémie de 1918 est venue d'un virus de la grippe aviaire qui a muté. Depuis son apparition à Hong-Kong en 1997, le virus de grippe aviaire H5N1, hautement pathogène, s'est propagé dans 15 pays d'Asie et en Europe », a continué le directeur de l'OMS.

« C'est maintenant simplement une question de temps. Le virus de la grippe aviaire– très probablement le H5N1 – va muter pour devenir transmissible entre les hommes, ce qui provoquera une pandémie de grippe humaine. Nous ne savons pas quand cela se produira. Mais nous sommes sûrs que cela se produira », a-t-il conclu sur la définition des trois termes.

« Il est temps de construire une stratégie globale. Il est temps que chaque pays bâtisse son plan d'actions – et qu'il le mettre en œuvre », a-t-il poursuivi.

« Lors des pandémies de 1958 et de 1968, plus de trois millions de personnes sont mortes. Ces pandémies étaient considérées comme légères », a-t-il rappelé.

Le Secrétaire général avait appelé, vendredi dernier, à la préparation de stocks de vaccins pour tous, notamment dans le monde en développement, ce qui représenterait des efforts exceptionnels pour accroître la production (voir notre dépêche du 3 novembre 2005).

David Nabarro, récemment nommé Coordonnateur principal du système des Nations Unies pour les grippes aviaire et humaine, avait indiqué, jeudi dernier, lors d'une conférence de presse donnée au siège de l'ONU à New York, que le coût de la prévention était estimé à 425 millions de dollars.

Il avait rappelé qu'un grand nombre de pays n'avaient actuellement pas les ressources nécessaires - pas seulement financières - pour lutter contre la grippe aviaire (voir notre dépêche du 3 novembre 2005).

Plus d'informations sur la page de l'OMS consacrée à la grippe aviaire.

- Ecouter, sur la radio de l'ONU, un extrait sonore de Jean-Pierre Ramazani, correspondant de la Radio de l'ONU à Genève

 

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