Soudan : l'Envoyé de l'ONU condamne les meurtres et enlèvements de soldats de l'Union africaine

10 octobre 2005

L'Envoyé de l'ONU au Soudan a condamné aujourd'hui le meurtre de trois militaires et de deux chauffeurs civils de la Mission de l'Union africaine au Darfour ainsi que l'enlèvement d'une dizaine de soldats, par deux mouvements rebelles de la région, l'ALS et le JEM.

Jan Pronk, Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, a condamné aujourd'hui le meurtre de trois militaires de la Mission de l'Union africaine au Soudan (AMIS) et de deux chauffeurs civils employés par PAE, un sous-traitant de l'AMIS, indique un communiqué de la Mission des Nations Unies au Soudan (UNMIS) publié aujourd'hui à Khartoum.

« Les soldats de l'AMIS ont perdu la vie dans la région de Khor Abeche, le 8 octobre dernier, » alors qu'ils apportaient une protection au personnel de PAE attaqué, ajoute le communiqué.

Jan Pronk a appuyé les déclarations de l'Union africaine, qui tiennent l'ALS (Armée de libération du Soudan) pour responsable de cette embuscade.

Il a par ailleurs condamné l'enlèvement hier d'une dizaine de personnes, membres de l'AMIS dans la région de Tine, au Nord Darfour (carte).

Les membres de l'autre faction rebelle dans le pays, le Mouvement pour la justice et l'égalité (JEM selon son acronyme anglais), seraient responsables de cet enlèvement.

Le Représentant du Secrétaire général s'est déclaré néanmoins satisfait du fait que la plupart des otages aient été relâchés, appelant à la libération immédiate de ceux encore en captivité.

« Les auteurs de ces attaques seront tenus pour responsables au titre de la résolution 1591 (2005) et de la résolution 1593 (2005) du Conseil de sécurité », a-t-il prévenu.

Il a aussi fait savoir que leurs noms, notamment celui du commandant du JEM Mohamed Saleh, seraient transmis au Comité établi par le Conseil de sécurité chargé de désigner les auteurs de violations de droits de l'homme et de violations du cessez-le-feu au Darfour, afin qu'ils soient traduits en justice et qu'il fassent le cas échéant l'objet de sanctions.

Le Représentant spécial fait par ailleurs remarqué que le JEM comme l'ALS ne pourraient s'abriter derrière les allégations selon lesquelles les embuscades ont été le fait de mouvements dissidents et les tient pour responsables des actes de leurs subordonnés.

Jan Pronk et Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, avaient indiqué dernièrement que la poursuite des embuscades contre le personnel humanitaire, le personnel civil qui apporte l'aide et les soldats de l'Union africaine qui leur assurent leur protection pourrait conduire à mettre fin à l'assistance qu'apportent les 11 000 travailleurs humanitaires à plus de 2,5 millions de personnes dans la région (voir notre dépêche du 28 septembre 2005).

 

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