Grippe aviaire : le Secrétaire général appelle la communauté internationale à redoubler d'efforts

7 octobre 2005

Le Secrétaire général a appelé les leaders du monde entier à redoubler d'efforts dans la lutte contre la grippe aviaire et à fournir les ressources nécessaires pour aider les pays pauvres qui n'ont pas la capacité de mettre en place des systèmes de détection, des programmes de surveillance et des plans de réaction rapide en cas d'épidémie.

« Ce n'est pas qu'un problème de santé publique, une telle pandémie pourrait atteindre la structure même de nos sociétés, déstabiliser les moyens d'existence des agriculteurs, affecter le commerce et saturer nos systèmes de santé », a déclaré hier à Genève le Secrétaire général, à l'issue de sa visite au siège de l'Organisation mondiale de santé (OMS).

« Nous voudrions voir les dirigeants du monde entier montrer un intérêt sans certain face à la grippe aviaire et faire preuve de leadership pour lutter contre une possible pandémie », a-t-il précisé.

« On est tous dans le même bateau », a-t-il insisté.

« Les dirigeants doivent s'assurer que leur société se prépare au pire, qu'elle prend des mesures pour gérer une possible épidémie, qu'elle ne soit pas surprise en cas d'épidémie, sinon il y a aura beaucoup de morts », a-t-il averti.

« Il y a aussi une question d'accès aux médicaments et aux vaccins », a fait remarquer Kofi Annan.

« Nous devrions pouvoir nous organiser de manière à ce que les pays riches puissent aider les pays pauvres, soit en levant des fonds dans la communauté des donateurs, soit en encourageant les entreprises pharmaceutiques à nous aider », a-t-il souhaité.

« Il faudrait s'assurer, a-t-il expliqué, que la défense de la propriété intellectuelle ne constitue pas une entrave à l'accès aux médicaments pour les pauvres, permettre la possibilité de produire des vaccins d'urgence dans les pays en développement et ne pas retomber dans le genre de débat auquel on a assisté pour les antirétroviraux pour le sida ».

Le Secrétaire général a rencontré hier à Genève Lee Jong-wook, directeur général de l'OMS, et entendu un exposé au Centre d'opérations sanitaires stratégiques dont l'objectif est de répondre aux urgences de santé publique telles que la grippe aviaire.

David Nabarro, récemment nommé Coordonnateur principal du système des Nations Unies pour les grippes aviaire et humaine, avait indiqué, le 29 septembre dernier, que la menace d'une pandémie de grippe frappant les humains était quasiment certaine si l'on ne maîtrisait pas la grippe des oiseaux.

Il avait affirmé que le nombre de victimes pourrait alors s'étaler entre 5 millions et 150 millions (voir notre dépêche du 29 septembre 2005).

« Il y aura une nouvelle pandémie de grippe » et « aucun gouvernement ne peut se permettre d'être pris au dépourvu », avait déclaré le 27 septembre dernier Lee Jong-Wook (voir notre dépêche du 27 septembre 2005).

« Une tempête se prépare et ce sera une épreuve pour tous », avait-il insisté.

La stratégie mondiale de lutte contre la grippe aviaire reste largement sous-financée malgré les contributions importantes de quelques bailleurs de fonds - 20 millions de dollars promis contre 100 millions nécessaires -, avait mis en garde l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) (voir notre dépêche du 26 septembre 2005).

Les pandémies de grippe qui ont tué des millions de personnes en 1918, 1957 et 1968 avaient commencé sous la forme de la grippe aviaire.

 

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