Devant le HCR, le Secrétaire général dresse un bilan des résultats du sommet mondial au plan humanitaire

7 octobre 2005

Devant le Comité exécutif du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, le Secrétaire général a dressé hier, au Palais des Nations à Genève, un bilan des résultats obtenus au sommet mondial sur le plan humanitaire et, plus particulièrement, pour les personnes déplacées et les réfugiés.

« Leur décision la plus novatrice est sans doute celle qui porte sur la création d'une Commission de la consolidation de la paix, laquelle viendra combler une lacune institutionnelle criante », a déclaré le Secrétaire général hier à Genève, devant le Comité exécutif du Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), réuni en session annuelle depuis le 3 octobre dernier.

« Comme nous le savons tous, trop de pays sombrent à nouveau dans la violence lorsque les efforts de consolidation de la paix ou de stabilisation manquent de vigueur ou cessent trop tôt. La nouvelle Commission est censée remédier à ce problème. Elle réunira tous les intéressés pour que les efforts internationaux soient plus cohérents. Et elle veillera à ce que la communauté internationale ne se détourne pas des pays auxquels la presse a cessé de s'intéresser », a expliqué le Secrétaire général.

« Le retour des réfugiés et des déplacés est toujours une étape déterminante après un conflit. Et l'opération n'a pas que des aspects logistiques. Souvent, il s'agit d'un facteur clef pour le maintien de la paix et la relance économique », a-t-il précisé.

Kofi Annan s'est également félicité du fait que tous les Etats membres aient reconnu dans le document final du sommet mondial, « leur responsabilité de protéger les populations civiles menacées de génocide, de crimes de guerre, de nettoyage ethnique ou de crimes contre l'humanité ».

« La plupart des déplacements de population des 15 dernières années ont été déclenchés par des crimes de ce type », a-t-il rappelé.

« Je sais que la communauté humanitaire a elle aussi des inquiétudes, qu'elle craint elle-même d'être utilisée comme paravent par des États qui enverraient des secours pour masquer leur peu d'empressement à s'attaquer aux véritables causes des conflits. Je sais aussi qu'elle craint de voir les interventions militaires nécessaires à l'exercice de la responsabilité de protéger porter atteinte à l'impartialité de son action », a-t-il fait remarquer.

« Nous n'échapperons pas à ces contradictions, a-t-il affirmé. Mais elles doivent passer au second plan par rapport aux réels progrès qui ont été accomplis. Les participants au Sommet ont déclaré inacceptable l'inaction de la communauté internationale, surtout lorsque les gouvernements nationaux ne veulent ou ne peuvent pas agir. Certes, les interventions musclées doivent n'être qu'un dernier recours. Les efforts doivent porter sur des interventions plus précoces et non violentes visant à éviter que les conflits ou les troubles politiques ne dégénèrent. Nous devons aussi faire tout notre possible pour que, le moment venu – et il viendra certainement – l'engagement solennel pris par les chefs d'État et de gouvernement soit honoré ».

Le Secrétaire général a aussi rappelé les progrès qui ont été accomplis pour les personnes déplacées. « Les Principes directeurs relatifs au déplacement de personnes à l'intérieur de leur propre pays ont été acceptés, ce qui devrait contribuer à une meilleure protection de ceux qui comptent parmi les plus vulnérables de la terre », a-t-il avancé.

« Toutefois, l'apport d'une aide humanitaire efficace à ceux qui en ont besoin est encore loin d'être une chose assurée, comme je l'ai vu moi-même au Darfour cette année », a-t-il déploré.

Kofi Annan a également mentionné la décision prise par les Etats membres de renforcer le Fonds central autorenouvelable d'urgence. « Déjà, les annonces de contributions s'élèvent à plus de 150 millions de dollars, et j'espère que ce montant continuera d'augmenter », a-t-il souhaité.

« Grâce au renforcement du Fonds et aux mécanismes qui y sont associés, les organismes des Nations Unies devraient avoir la garantie de disposer des ressources nécessaires dans les trois ou quatre jours suivant une catastrophe, sans devoir attendre les résultats des appels accélérés, qui, comme nous le savons, sont parfois nettement insuffisants », a-t-il expliqué

Enfin, le Secrétaire général a attiré l'attention sur la décision, prise au sommet, de créer à titre permanent un nouveau Conseil des droits de l'homme et de renforcer le Haut Commissariat aux droits de l'homme.

« Si les États Membres donnent à ce conseil des structures et un mandat appropriés, il sera plus efficace que l'actuelle Commission sur le plan de la protection, du renforcement des capacités et de l'assistance technique, ce qui permettra de prévenir le type de crise qui déclenche des déplacements en masse », a-t-il indiqué.

« Si le Haut Commissariat reçoit effectivement les ressources financières qu'il mérite, il disposera de moyens d'action nettement accrus. Les deux Hauts Commissaires, celui qui s'occupe des réfugiés et celui qui s'occupe des droits de l'homme, pourraient alors se concerter non seulement sur le plan des politiques, mais aussi sur celui des opérations, et leurs activités pourraient dès lors se renforcer mutuellement », a-t-il suggéré.

Voir le communiqué du HCR sur l'intervention du Secrétaire général publié aujourd'hui.

Voir notre dépêche du 17 septembre 2005 sur les principaux points du document final.

 

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