R.D. du Congo : la MONUC poursuit l'assistance aux élections sur fond d'insécurité à l'Est du pays

6 octobre 2005

Lors d'une conférence de presse donnée à New York, l'Envoyé de l'ONU en République démocratique du Congo a fait un bilan des préparatifs des élections qui progressent, soulignant qu'en dépit du regain de tensions à l'est du pays, le retard accusé était dû principalement à des questions techniques.

« Le plus grand défi de la Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) est maintenant celui du temps, puisqu'il reste 9 mois pour achever la transition politique de trois ans dans le pays », a déclaré aujourd'hui William Lacy Swing, Représentant spécial du Secrétaire général pour la RDC, lors d'une conférence de presse donnée au siège de l'ONU à New York.

image• Retransmission de la conference de presse [49mins]

La question clef est de parvenir, dans ce délai, à établir des institutions légitimes, tout en assurant le maintien de la paix, et tout en faisant face au legs de la guerre, à savoir la situation humanitaire, a indiqué William Lacy Swing,

« La Mission de l'Organisation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) a fourni de gros efforts pour la préparation des élections et pour l'assistance à la Commission électorale indépendante congolaise », a-t-il rappelé.

Cette Commission a déjà enregistré 15 millions d'électeurs, sur un nombre d'électeurs estimé à 20 millions – ce chiffre étant approximatif puisqu'il n'y a pas eu de recensement depuis plus de 20 ans, a-t-il précisé.

Fait notable, « les problèmes rencontrés ont été, selon lui, techniques – manque de personnel, livraison du matériel en retard - mais peu de problèmes de sécurité ont été enregistrés ».

Le matériel pour le référendum – à savoir les bulletins de vote et les urnes - sont en train d'être acheminés vers les 40.000 bureaux de vote, qui devront être mis en place et qui emploieront quelque 200.000 membres du personnel électoral congolais.

Par ailleurs, la formation de 39.000 membres de la police en vue des élections se poursuit, 19.000 ayant déjà été formés.

Dans le domaine de la sécurité, le chef de la MONUC a indiqué qu'en Ituri, le désarmement avait touché environ 50.000 membres des milices. Quelque 1 500 à 2 000 continuent cependant de menacer la population.

« La MONUC a perdu 12 hommes cette année, mais la plupart des chefs de milices ont été emprisonnés », a-t-il affirmé.

« Dans les Kivus, autre zone de conflit, nous continuons à repousser les ex-FAR et les Interahamwe. Mais nous avons atteint les limites de nos actions parce que nos hélicoptères servent aux préparatifs des élections », a-t-il fait savoir.

« Nous avons désarmé, démobilisé et rapatrié quelque 12.000 d'entre eux. Mais il en reste 10.000 environ qui restent otages de leurs chefs et qui ne peuvent pas participé à nos programmes de désarmement », a-t-il ajouté.

La Commission tripartite, lancée par Washington, devra se réunir bientôt, et pourrait décider de sanctions.

Enfin, s'agissant des incursions récentes de l'Armée de résistance du Seigneur (Lord's Resistance Army, LRA selon son acronyme anglais), groupe armé connu pour ses activités sanguinaires dans le nord de l'Ouganda, William Swing a indiqué que la MONUC avait immédiatement envoyé une délégation à Kampala, capitale de l'Ouganda et s'était rendue à la frontière.

Il a prévenu que les groupes armés ougandais, qui comprennent entre 100 à 400 membres, devraient rentrer d'où ils venaient ou intégrer le programme de démobilisation sous peine d'être renvoyés par la force (voir à ce sujet notre dépêche du 5 octobre 2005 sur la déclaration du Secrétaire général et notre dépêche du 4 octobre 2005 sur celle du Conseil de sécurité).

Interrogé sur la possibilité que certains membres de la LRA puissent se rendre et sur le sort qui les attendraient, William Swing a indiqué que ceux qui faisaient l'objet d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) y seraient envoyés et que les autres seraient renvoyés en Ouganda.

Sur le Katanga, William Lacy Swing a indiqué que le Conseil de sécurité avait autorisé le déploiement, demandé par le Secrétaire général, de 300 troupes supplémentaires afin de maintenir l'ordre dans une région où l'autorité gouvernementale est quasi-inexistante.

Interrogé sur le manque de soutien du Conseil de sécurité à l'idée de fournir un nombre supérieur à ces 300 troupes, alors que le pays est si grand, le Représentant spécial a indiqué qu'il était obligé de travailler avec ce qu'il avait.

La MONUC dispose à l'heure actuelle d'un effectif autorisé de 18.895 soldats.

« La province de Kinshasa a la taille du Kosovo, où sont déployés environ 6.000 troupes, l'Ituri, où nous avons 4800 militaires, a la taille de la Sierra Leone où l'ONU a déployé 4 100 militaires ». « Le Congo est 5 fois plus grand que la Côte d'ivoire, le Burundi, la Sierra Leone et le Liberia réunis, avec une population deux fois plus grande », a-t-il rappelé.

« Donc nous avons 80% de nos forces réunies à l'Est du pays. Mais dans le reste de ce grand pays, dont la région de l'Equateur qui est plus grande que la France, nous avons 3 bataillons », a-t-il précisé.

« La MONUC est pour l'heure la plus grande et la plus chère des missions de l'ONU, avec des dépenses d'environ 3 millions de dollars par jour ». « Il y a beaucoup d'argent pour la formation, la création de routes etc, mais pas pour les troupes. C'est pourquoi le Secrétaire général a recommandé la fourniture de sommes pour un programme global », a-t-il conclu.

 

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