Une pandémie de grippe humaine quasi certaine si l'on ne maîtrise pas la grippe aviaire

29 septembre 2005

Le nouveau Coordonnateur principal de l'ONU contre la grippe a indiqué aujourd'hui, lors d'une conférence de presse, que la menace d'une pandémie de grippe frappant les humains était quasiment certaine si l'on ne maîtrisait pas la grippe des oiseaux, appelant à une mobilisation mondiale contre ce fléau.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) travaille avec les gouvernements et des scientifiques du monde entier afin de se préparer à une pandémie de grippe, avec l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) qui agit déjà pour la prévention avec un partenaire hors du système des Nations Unies, l'Organisation mondiale de la santé animale (OIE), a déclaré aujourd'hui à New York David Nabarro, nouveau Coordonnateur principal du système des Nations Unies pour les grippes aviaire et humaine (voir notre dépêche d'aujourd'hui).

image• Retransmission de la conférence de presse donnée aujourd'hui à New York par David Nabarro[48mins]

En 1918, l'influenza a fait au moins 40 millions de morts. Les pandémies de 1957 et 1968 ont fait moins de victimes mais ont causé d'importants dommages sociaux. Aujourd'hui, on s'attend à ce que la prochaine pandémie provienne d'un « mutant » de l'actuelle grippe aviaire. Il faut donc maîtriser la grippe aviaire pour éviter un désastre, a indiqué David Nabarro.

Pour matrîser ce fléau, la première étape, a exposé le nouveau Coordnonateur, est de travailler avec les gouvernements et les communautés, notamment en Asie, pour parvenir à éviter la proximité des oiseaux domestiques avec les humains. Il faudra aussi faire face aux oiseaux migrateurs, le virus H5N1 étant maintenant porté par les oies sauvages.

La deuxième étape est d'éviter et de faire face à la transmission de la grippe aviaire à d'autres animaux puis aux humains. « Or nous savons que quelques semaines sépareront le moment où l'on identifiera le prochain virus de la grippe chez des humains et le moment où la pandémie commencera à se diffuser », a-t-il précisé.

« L'identification sera donc cruciale, avant de pouvoir maîtriser la diffusion, par la vaccination. Nous produisons des stocks importants de vaccin à l'heure actuelle, notamment de « tami flu » mais nous ne savons pas lesquels seront les plus efficaces », a indiqué David Nabarro.

Troisièmement, en présence d'une pandémie, il faut réfléchir à ce que pourra faire l'ONU. A cet égard, les moyens du Fonds des Nations Unies pour l'enfance (UNICEF) seront indispensables, de même que le Bureau de la coordination des affaires humanitaires (OCHA) et à travers lui la Croix-Rouge.

« La principale difficulté sera d'attirer l'attention des ministres compétents dans tous les pays, puis de monter une réponse adaptée sans semer la panique », a déclaré David Nabarro, qui a appelé les médias à participer à l'effort d'information.

L'autre difficulté sera d'obtenir une ouverture et une transparence suffisante de la part des Etats, ce qui est loin d'être évident et qui demandera de la diplomatie.

Interrogé sur la certitude de la menace, David Nabarro a indiqué que compte tenu du temps qui s'est écoulé depuis la dernière épidémie, il faut s'attendre à une nouvelle pandémie, due notamment à la recomposition du virus de la grippe aviaire avec le matériau génétique de la grippe d'autres animaux.

« Ignorer ce risque serait irresponsable », a-t-il précisé, rappelant que le nombre de victimes pourrait s'étaler entre 5 millions et 150 millions, selon l'efficacité des moyens mis en place pour y faire face.

Il a par ailleurs estimé que les moyens financiers nécessaires s'élevaient environ à 100 millions de dollars.

 

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