Le Quatuor pour le Moyen-Orient appelle Israéliens et Palestiniens à profiter de l'élan du retrait de Gaza

20 septembre 2005

Les membres du Quatuor pour le Moyen-Orient, réunis aujourd'hui au niveau ministériel à l'ONU, ont exhorté les Palestiniens à démanteler l'infrastructure terroriste et noté que la participation des milices à un processus démocratique était incompatible avec la poursuite d'une action armée. Ils ont parallèlement appelé Israël à cesser toute action qui préjuge des frontières définitives d'un Etat palestinien.

« Le Quatuor s'est réuni aujourd'hui pour débattre du retrait israélien et les perspectives de paix dans la région », a déclaré aujourd'hui Kofi Annan lors d'une conférence de presse à l'issue d'une réunion du Quatuor pour le Moyen-Orient, rassemblé au plus haut niveau à New York, en présence de la Secrétaire d'Etat américaine Condoleezza Rice, du ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, Jack Straw, du Haut Représentant de l'Union européenne pour la politique et la sécurité extérieures, Javier Solana, et de la Commissaire européenne pour les relations extérieures, Benita Ferrero-Waldner.

image• Retransmission de la conférence de presse[27mins]

Le Quatuor a salué le bon déroulement du retrait israélien de la bande de Gaza, le « courage politique du Premier ministre israélien Ariel Sharon » et « l'attitude responsable de l'Autorité palestinienne » qui a permis le déroulement pacifique du retrait, ainsi que la coopération entre les parties.

« L'achèvement du désengagement représente une étape importante dans la réalisation de la vision de deux Etats démocratiques, Israël et la Palestine », a précisé Kofi Annan au nom du Quatuor.

« Bien que la direction de l'Autorité palestinienne ait condamné la violence et ait cherché à encourager les groupes palestiniens qui ont recours au terrorisme à abandonner cette voie et à reprendre le chemin du processus démocratique », le Quatuor appelle l'Autorité palestinienne à « démanteler les groupes terroristes et leur infrastructure », indique la déclaration.

Dans le domaine économique, Kofi Annan a rappelé l'importance des réformes démocratiques et des efforts internationaux pour appuyer l'économie palestinienne, citant l'initiative pour la mise en place de projets à impact rapide et à plus long terme proposée par l'Envoyé spécial du Quatuor pour le désengagement de Gaza, James Wolfensohn, ancien président de la Banque mondiale.

Sur le financement, le Quatuor salue les quelque 750 millions de dollars d'assistance qui seront versés à l'Autorité palestinienne d'ici à la fin de l'année.

Parallèlement, le Quatuor a exhorté à « un relâchement des restrictions à la liberté de mouvement, dans la mesure des besoins d'Israël en matière de sécurité ». S'il note « qu'Israël est allé au-delà de ses obligations au regard de la première phase de la Feuille de route » en matière du démantèlement des colonies à Gaza, le Quatuor appelle « à cesser leur expansion ailleurs » et à « démanteler les avant-postes illégaux ».

« Le Quatuor continue de noter avec préoccupation le tracé de la barrière de séparation israélienne, en particulier en ce qu'elle a pour résultat de confisquer des terres palestiniennes, de couper la circulation des biens et des personnes et sape la confiance des Palestiniens dans la Feuille de route en ce qu'elle paraît préjuger des frontières finale d'un Etat palestinien ».

S'agissant enfin des prochaines élections législatives palestiniennes, prévues pour le mois de janvier prochain, Kofi Annan a déclaré, au nom du Quatuor, « qu'en définitive, ceux qui veulent participer au processus politique ne devraient pas être engagés dans activités armées ou dans des milices, en ce qu'il existe une contradiction fondamentale entre ces activités et l'édification d'un Etat démocratique ».

Répondant à la question d'un journaliste sur la participation des milices aux prochaines élections, alors que le Premier ministre israélien, Ariel Sharon, a indiqué qu'il n'apporterait pas son aide à l'organisation des élections palestiniennes si le groupe armé Hamas y participait, Condoleezza Rice a indiqué que les Etats-Unis étaient « préoccupés par le fait qu'un processus démocratique comporte une option militaire ».

Estimant, comme l'avait indiqué le Secrétaire général dans sa déclaration, « qu'il y a une contradiction fondamentale entre les activités armées et le processus politique », elle a indiqué que « les Palestiniens étaient en transition vers un processus politique, et que ce devait être un processus interne ». Les élections sont fondamentales à cet égard mais il faut leur laisser de la marge pour évoluer, a-t-elle ajouté.

Sur la grave situation économique et sur le risque de renforcement de l'autorité du Hamas si l'Autorité palestinienne n'arrivait pas à maîtriser la situation sécuritaire, Condoleezza Rice a indiqué que le retrait montrait que les deux parties pouvaient coopérer effectivement.

« Il faut profiter de cet élan pour permettre aux Palestiniens de créer à Gaza le modèle d'une autorité qui soit effectivement capable de gouverner », ajoutant que le Quatuor avait débattu de la liberté de mouvement, non seulement à Gaza mais aussi en Cisjordanie, ainsi que des projets à effet rapide afin d'améliorer la situation économique.

Quant aux activités d'Israël de nature à préjuger du statut final, « le président Bush a été très clair sur le fait que les activités de colonisation et la construction du mur, qui ont un effet sur les moyens de subsistance des Palestiniens ne doivent pas se poursuivre et qu'Israël doit respecter ses obligations dans le cadre de la Feuille de route », a déclaré la Secrétaire d'Etat américaine.

Sur le calendrier de la suite des événements, Kofi Annan a estimé qu'il faudrait attendre les prochaines élections palestiniennes et suivre l'évolution politique israélienne, mais que la prochaine étape devrait porter sans conteste sur la Cisjordanie.

Interrogé sur les mesures prises pour s'assurer de la bonne destination de l'assistance financière allouée à l'Autorité palestinienne par l'Union européenne (UE), Jack Straw, ministre des Affaires étrangères du Royaume-Uni, a indiqué que les contrôles avaient été renforcés, du côté palestinien comme du côté de l'UE, sur ce point.

Selon les informations parues dans la presse, l'UE a porté hier son aide à l'Autorité palestinienne à 342.8 million d'euros.

 

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