La FAO encourage l'autosuffisance des agriculteurs du Nord-Darfour

20 juillet 2005

Quelque 70 000 familles rurales du Nord Darfour ont reçu des outils agricoles et des semences fournis par l'agence de l'ONU pour l'agriculture, qui rappelle que le dixième de l'argent dépensé en aide humanitaire pendant un mois suffirait à acheter des semences qui permettraient d'aider le même nombre de personnes à produire suffisamment pour se nourrir durant plusieurs mois.

« Quelque 550 tonnes de semences, notamment de millet, de sorgho et d'arachide ainsi qu'environ 79.000 outils agricoles ont été distribués non seulement à des familles déplacées vivant dans des camps de réfugiés mais aussi à des ménages hébergés dans des communautés d'accueil afin de les inciter à rester sur place. Cette aide, qui intervient au début de la saison des pluies dans le nord du Darfour, permettra aux familles qui en ont bénéficié de produire assez pour se nourrir pendant trois mois environ », indique un communiqué de l'Organisation des Nations Unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO) publié aujourd'hui à Rome.

« Au Darfour, les frictions au sujet des terres et des pâturages ne datent pas d'hier. Toutefois, après deux années marquées par le conflit armé, la sécheresse et les mauvaises récoltes, rares sont les agriculteurs du Nord qui ont des semences à planter. D'ailleurs, les semences actuellement disponibles ne suffisent même pas à cultiver le tiers des surfaces plantées avant le conflit », indique l'agence de l'ONU.

"Pour les paysans, c'est la troisième campagne agricole ratée", indique Bashir Abdel Rahman, agronome de la FAO dans le nord du Darfour. "Les semences ont été pillées, perdues durant la fuite des personnes déplacées, mangées ou endommagées du fait d'un mauvais stockage. Les récoltes, ces deux dernières années, furent mauvaises à cause à la fois des déplacements de population, de l'insécurité et de précipitations plus faibles que la moyenne."

La population du Darfour du Nord dépend en majorité des denrées alimentaires produites localement. La récolte de l'an dernier n'avait permis de combler que 15 pour cent des besoins alimentaires, aggravant ainsi la pénurie que les distributions d'aide alimentaire peinent à couvrir.

La livraison de semences à des bénéficiaires autres que les personnes vivant dans les camps de réfugiés aide au rétablissement des moyens d'existence ruraux, car elle offre aux paysans la possibilité de produire pour nourrir leurs familles tout en gagnant un peu d'argent.

La FAO estime que, dans le cadre de l'appui à la sécurité alimentaire des ménages, la meilleure solution est d'aider les paysans à rester sur leurs terres et d'empêcher de nouveaux déplacements de population.

L'argent obtenu grâce à la vente des produits agricoles permettrait de couvrir les frais d'éducation et de soins de santé des enfants ou de payer des biens et services, notamment l'achat de vêtements, de matelas, d'huile ou de sucre. En outre, la relance des marchés secondaires, qui étaient paralysés par la pénurie de grains, entraînerait un effet de levier sur l'économie locale, indique l'agence de l'ONU.

Au Darfour, plus de 100 000 ménages recevront des semences et différentes formes d'assistance de la part de la FAO au cours de la campagne agricole en cours.

"La FAO pourrait obtenir de meilleurs résultats si elle disposait de fonds supplémentaires", affirme Sara McHattie qui coordonne l'aide d'urgence dans le nord du Darfour. "Avec le dixième de l'argent dépensé en aide humanitaire pendant un mois, on pourrait acheter des semences qui permettraient d'aider le même nombre de personnes à produire suffisamment pour se nourrir durant plusieurs mois."

La FAO aide également les communautés rurales en matière d'élevage. Les programmes lancés par l'Organisation comprennent notamment des cliniques vétérinaires dans les camps, des programmes nutritionnels pour ânes, des élevages de poulets et des formations en restauration des terres et en santé animale.

En ciblant les besoins alimentaires dans le cadre de son soutien au rétablissement de moyens d'existence appropriés, la FAO aide les familles et les communautés à reprendre leurs activités agricoles et pastorales. Ainsi, elles pourront le plus tôt possible compter sur elles-mêmes pour ne plus dépendre de l'aide alimentaire.

En réponse à son appel pour 15 millions de dollars en faveur du Darfour pour 2005, la FAO a reçu jusqu'ici environ 7 millions de dollars, soit quelque 45 pour cent des fonds dont elle a besoin pour mener à bien ses activités dans cette région.

Si elle recevait le reste, la FAO et ses partenaires sur le terrain seraient en mesure de prêter assistance en matière d'agriculture et d'élevage à 100 000 familles supplémentaires dans les trois provinces du Darfour.

 

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