A Khartoum, le Secrétaire général appelle à l'extension de la paix au Darfour et dans l'Est du Soudan

11 juillet 2005

Le Secrétaire général, qui se trouvait samedi 9 juillet à Khartoum, capitale du Soudan, pour l'investiture du nouveau gouvernement d'unité nationale, où est entré l'ex-chef rebelle John Garang, a appelé les parties à faire de la paix au Darfour et dans l'Est du pays leur première priorité. La communauté internationale doit maintenant honorer ses promesses d'assistance, a-t-il souligné.

« Après tant d'années de division et de conflit, et six mois de préparatifs intensifs depuis la signature de l'Accord global de paix, vous avez aujourd'hui un gouvernement d'unité nationale », a déclaré Kofi Annan à Khartoum, samedi 9 juillet, où il participait aux célébrations d'une « journée historique pour le peuple soudanais, qui a tant souffert ».

L'accord de paix du 9 janvier a mis fin à la plus longue guerre civile en cours en Afrique, qui avait fait plus de 1,5 million de morts et quatre millions de déplacés et réfugiés (voir notre dépêche du 10 janvier 2005).

« Cette unité est encore incomplète et précaire. Mais elle est immensément précieuse », a affirmé Kofi Annan, appelant les membres du nouveau gouvernement, parmi lequel figure, pour la première fois, John Garang, l'ex-chef rebelle du Sud, au poste de premier vice-président du Soudan, à travailler de concert pendant les six prochaines années de la période intérimaire.

La période intérimaire aboutira à un référendum à l'occasion duquel les populations du Sud décideront de leur maintien dans le Soudan ou de leur indépendance.

« La tâche la plus essentielle de ce nouveau gouvernement sera de s'assurer que la paix s'étende à toute la nation, et que l'unité nationale puisse être une solution attrayante pour tous les peuples du Soudan », a déclaré Kofi Annan, qui a appelé à mettre de côté les « vieilles suspicions » et à s'ouvrir à la « tolérance religieuse ».

« Le processus de paix entre le Nord et le Sud doit être irréversible », a affirmé le Secrétaire général, qui a souligné que ce ne serait pas le cas tant que la paix ne régnerait pas à l'Est du pays et à l'Ouest, au Darfour. Kofi Annan a salué à cet égard la récente déclaration de principes signée à Abuja la semaine dernière (voir notre dépêche du 6 juillet 2005) et l'Accord du Caire entre le gouvernement sortant et l'Alliance nationale démocratique, la coalition de l'ex-rébellion sudiste et de l'opposition nordiste.

Lors d'une conférence de presse à l'issue de la cérémonie, le Secrétaire général a rappelé qu'il était essentiel à présent que la communauté internationale honore ses engagements en termes d'assistance, pas seulement pour le Darfour mais aussi pour le Sud alors que l'ONU a reçu moins de la moitié de ce dont elle a besoin.

A cet égard, le Représentant spécial du Secrétaire général pour le Soudan, Jan Pronk, a rappelé qu'un nouveau programme de travail pour la reconstruction du pays exigerait un financement de 1,5 à 2 milliards de dollars.

Il a indiqué qu'une conférence des donateurs serait organisée dans une dizaines de jours à New York, estimant que l'accueil réservé par la communauté internationale à la cérémonie d'investiture du nouveau gouvernement pourrait débloquer les sommes promises à la Conférence d'Oslo, où les donateurs avaient promis quelque 4,5 milliards de dollars.

A plusieurs reprises, le Secrétaire général avait lancé des appels pressants à la réalisation de ces promesses (voir notre dépêche du 24 juin 2005 et notre dépêche du 28 juin 2005).

- Dossier Soudan du site de l'ONU

 

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