Côte d'Ivoire : Louise Arbour dénonce la dégradation de la situation des droits de l'homme

11 juillet 2005

La Haute Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies, Louise Arbour, a exprimé sa vive préoccupation à l'égard de « la dégradation progressive de la situation des droits de l'homme en Côte d'Ivoire » et appelé l'ensemble des acteurs politiques à respecter les droits fondamentaux et les chefs militaires à se plier au droit international humanitaire.

Lors d'une conférence de presse donnée à Abidjan, capitale de la Côte d'Ivoire, le 9 juillet, la Haute Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies, Louise Arbour a appelé « le président ivoirien, les membres du gouvernement de réconciliation nationale, les Forces nouvelles, les partis politiques et tous les acteurs politiques ivoiriens à respecter sans tarder le droit international en matière de protection des droits fondamentaux », indique un communiqué de l'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire ( ONUCI ) publié à Abidjan.

Louise arbour a demandé par ailleurs à l'ONUCI de poursuivre ses travaux d'enregistrement des cas de violation des droits de l'homme.

Elle a aussi souligné l'importance qu'il y avait à faire prendre conscience aux dirigeants militaires et politiques de leurs responsabilités dans le cadre du droit international humanitaire, tout en réitérant la nécessité de faire preuve d'une vigilance particulière à l'encontre des médias qui disséminent une propagande de haine.

L'ampleur du problème des médias de la haine en Côte d'Ivoire avait conduit l'ONUCI et des organisations non gouvernementales (ONG) à lancer plusieurs avertissements (voir notre dépêche du 11 novembre 2004), et le Conseil de sécurité à le mentionner expressément dans une Déclaration présidentielle du (voir notre dépêche du 16 décembre 2004).

Le Conseil y exige que « toutes les parties ivoiriennes cessent toute incitation à la violence et à la haine dans les médias radiodiffusés, audiovisuels et écrits ainsi que dans tout autre média » et que « toutes les parties ivoiriennes assurent la liberté de la presse et un accès illimité à l'information sur tout le territoire de la Côte d'Ivoire ».

Louise Arbour a rappelé par ailleurs que les massacres de Guitrozon et de Petit-Duekoué s'étaient déroulés à quelques centaines de mètres seulement d'un poste des forces de sécurité ivoiriennes, précisant que lors d'un entretien avec le Président Laurent Gbagbo, ce dernier lui avait indiqué que la Gendarmerie contacterait prochainement la Mission de l'ONU (voir notre dépêche du 9 juin 2005).

Interrogée sur l'existence d'un rapport confidentiel de l'ONUCI sur la question, la Haut-Commissaire aux droits de l'homme a démenti l'existence d'un tel document, comme l'avait fait Pierre Schori, Représentant spécial du Secrétaire général pour la Côte d'Ivoire, appelant la presse à « s'abstenir de disséminer des informations non vérifiées ».

Dans un rapport du 9 juin dernier, l'ONUCI avait déjà déploré la situation des droits de l'homme sur tout le territoire (voir notre dépêche du 9 juin 2005).

La Haute Commissaire aux droits de l'homme des Nations Unies, Louise Arbour, se trouve à présent au Libéria, pour la deuxième étape d'une visite en Afrique de l'Ouest qui a débuté par la Côte d'Ivoire et qui doit se terminer par la Sierra Leone, a informé aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général, Stéphane Dujarric, lors de son point quotidien avec la presse, au Siège de l'ONU à New York.

Elle doit y rencontrer des membres des autorités judiciaires libériennes ainsi que des membres du personnel de l'ONU.

 

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