Objectifs du Millénaire : progrès sans précédent et retards inacceptables, selon un nouveau bilan des Nations Unies

9 juin 2005

Le rapport des Nations Unies sur la mise en oeuvre des Objectifs du Millénaire pour le développement, publié aujourd'hui, note des progrès sans précédent dans la lutte contre la pauvreté au niveau mondial, notamment en Asie, mais attire l'attention sur des retards inacceptables qui persistent, notamment en Afrique sub-saharienne. Chaque jour, près de 30.000 enfants dans le monde meurent de maladies que l'on pourrait soigner facilement, soit 11 millions par an.

Au total, 25 agences des Nations Unies et organisations internationales ont participé à l'élaboration de ce rapport de 44 pages qui constitue l'évaluation la plus récente des progrès accomplis et des progrès à réaliser pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (ODM) avant le sommet des Nations Unies qui aura lieu du 14 au 16 septembre prochain à New York, indique un communiqué de l'ONU.

image? Retransmission de la conférence de presse [48mins]

Réduire de moitié l'extrême pauvreté et la faim dans le monde, réduire de deux tiers le taux de mortalité des enfants de moins de cinq ans, réduire de trois quarts le taux de mortalité maternelle, stopper la propagation du VIH/sida, assurer une éducation primaire à tous d'ici à 2015, figurent parmi les huit ODM qui ont été énumérés pour la première fois dans la Déclaration du Millénaire adoptée par l'Assemblée générale le 23 septembre 2000, lors du sommet du Millénaire.

Selon le nouveau rapport des Nations Unies, le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté dans le monde a diminué de 130 millions depuis 1990. Un chiffre qui prend en compte la croissance de la population mondiale dans les régions en développement depuis lors - une augmentation de plus de 800 millions de personnes.

« Globalement, l'extrême pauvreté a été réduite grâce aux progrès réalisés en Asie où le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté a diminué de 230 millions depuis 1990 ainsi qu'aux progrès réalisés en Amérique latine et dans la région des Caraïbes », explique le communiqué.

« Mais, souligne-t-il, ces améliorations ont été contrebalancées par l'augmentation de l'extrême pauvreté dans d'autres zones, notamment en Afrique Sub-saharienne, où le nombre de personnes vivant dans l'extrême pauvreté est passé de 227 millions en 1990 à 313 millions en 2001 ».

Au total, environ 1 milliard de personnes vit toujours en dessous du seuil de pauvreté avec moins d'un dollar par jour. Dans les pays les plus pauvres de l'Afrique sub-saharienne, le revenu moyen est même tombé de 62 cents par jour en 1990 à 60 cents par jour en 2001, indique le rapport.

Malgré tout, si la tendance actuelle du déclin de l'extrême pauvreté persiste, l'objectif de la réduire de moitié devrait pouvoir être atteint avant l'année 2015, avance le rapport.

Les chiffres publiés concernant les mortalités infantile et maternelle sont moins encourageants. Alors que des progrès fulgurants ont été faits pour lutter contre la mortalité infantile de 1960 à 1990, les progrès se sont ralentis depuis, réduisant les chances d'atteindre l'objectif de réduire des deux tiers la mortalité des enfants âgés de moins de cinq d'ici à 2015. Un retard inacceptable, note le rapport.

Encore aujourd'hui, plus de 11 millions d'enfants âgés de moins de cinq ans meurent chaque année - soit 30 000 enfants par jour - de maladies qui pourraient être évitées ou soignées. La cause de ces décès est parfois tout simplement un manque d'antibiotiques pour soigner une pneumonie ou un manque de sels de réhydratation pour guérir une diarrhée.

Le rapport note aussi que, dans les pays en développement, une femme a 63 fois plus de chances de mourir pendant l'accouchement que dans un pays développé.

Enfin, souligne le rapport, la moitié de la population du monde en développement vit sans hygiène sanitaire. Du coup, ces populations sont plus vulnérables aux maladies et les filles vont moins à l'école.

Alors que la pauvreté et la possibilité de l'éradiquer sont revenues au centre des préoccupations de la communauté internationale, note le communiqué, l'évaluation des progrès réalisés dans la mise en oeuvre des ODM vient entretenir les débats en cours aux Nation Unies sur l'action à mener pour l'aide au développement, la sécurité et les droits de l'homme.

Il contribue également aux préparations de la réunion de haut niveau sur le financement du développement qui aura lieu à l'Assemblée générale de l'ONU les 27 et 28 juin 2005 et du prochain Sommet du G-8, placé sous le signe de l'aide à l'Afrique, qui aura lieu du 6 au 8 juillet à Gleneagles en Ecosse.

« L'année 2005 est cruciale pour la réalisation des Objectifs, a déclaré le Secrétaire général. Au lieu de se fixer des objectifs, les dirigeants du monde devront cette année décider de comment les atteindre », à l'occasion de la sortie de ce rapport.

Le rapport a été lancé officiellement au Siège de l'ONU à New York, par le Secrétaire général, en présence de José Antonio Ocampo, Secrétaire général adjoint pour les affaires économiques et sociales, et de Thoraya Obaid, Directrice exécutive du Fonds des Nations Unies pour la population (UNFPA).

Dans un message transmis mardi dernier par son porte-parole, le Secrétaire général avait souhaité que l'attention accordée aux besoins de l'Afrique se matérialise en actions concrètes lors du prochain Sommet du G-8 (voir notre dépêche du 8 juin 2005).

Le 25 mai dernier, il s'était félicité de l'accord auquel était parvenu l'Union européenne pour accroître substantiellement son aide publique au développement, afin d'appuyer la réalisation les ODM. Il a aussi salué l'engagement de conclure des accords sur l'allègement de la dette et sur les négociations commerciales de Doha (voir notre dépêche du 25 mai 2005).

Dans son rapport intitulé « Dans une liberté plus grande: vers le développement, la sécurité et les droits de l'homme pour tous » ; publié le 21 mars dernier, le Secrétaire général propose une série de recommandations aux Etats Membres pour atteindre les ODM d'ici à 2015.

Le Secrétaire général recommandait notamment à tous les pays développés qui ne l'ont pas encore faits de « se fixer un calendrier pour parvenir au plus tard en 2015 à l'objectif de 0,7% du revenu national brut arrêté pour l'aide publique au développement ».

Il avait aussi recommandé de « mettre en place en 2005 une facilité de financement internationale qui permette de dégager immédiatement des ressources massives au titre de l'aide publique au développement » et de « chercher de nouveaux mécanismes de financement du développement ».

Le Secrétaire général s'était notamment inspiré des propositions de Jeffrey Sachs, Directeur du Projet du Millénaire, publiées le 14 janvier dernier dans un rapport intitulé « Investir dans le développement : plan pratique pour réaliser les objectifs du Millénaire pour le développement ».

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