Le Secrétaire général encourage la Syrie à se retirer du Liban d'ici au mois d'avril

25 février 2005

Répondant à l'annonce de la Syrie affichant son intention de se retirer du Liban, le Secrétaire général l'a encouragé à le faire d'ici au mois d'avril, date à laquelle il devra présenter son rapport au Conseil de sécurité, avant que celui-ci ne décide de prendre « des mesures supplémentaires ».

« Si le Gouvernement syrien a annoncé aujourd'hui son intention de retirer ses troupes du Liban, que ce soit dans le cadre des Accords de Taëf ou de son propre chef, je pense que ce retrait est conforme à la résolution 1559 (2004) du Conseil de sécurité », a déclaré aujourd'hui le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, dans un entretien avec Al-Arabiya, la chaîne d'information basée à Dubai, transmis par son porte-parole.

« Je les encourage à tout faire pour la respecter afin que je puisse rapporter au Conseil de sécurité qu'ils s'en sont acquittés de façon satisfaisante, et que le Conseil n'ait pas besoin de prendre des mesures supplémentaires », a précisé Kofi Annan.

« Bien sûr, si ce n'est pas le cas, le Conseil pourrait vouloir prendre des mesures supplémentaires », a-t-il indiqué.

Interrogé sur son avis quant à l'appel lancé par le Président Chirac de la France, tendant à ce que des sanctions soient prises en cas de non respect de la résolution par la Syrie, et pour l'adoption d'une seconde résolution, le Secrétaire général a estimé que « la décision revenait au Conseil de sécurité ».

« Manifestement, le Conseil a adopté une résolution qu'ils veut voir appliquer. S'il a l'impression que cette résolution n'est pas mise en oeuvre et qu'ils veulent prendre des mesures supplémentaires, c'est de leur ressort », a-t-il déclaré.

En réponse à une question sur le calendrier du retrait, le Secrétaire général a précisé qu'en toute hypothèse, il devrait faire rapport au Conseil de sécurité au mois d'avril prochain, comme il doit le faire tous les six mois, et qu'il souhaitait pouvoir indiquer au Conseil « que les exigences de la résolution avaient été remplies d'ici au mois d'avril ».

Dans une déclaration présidentielle du 15 février dernier, le Conseil de sécurité s'était déclaré préoccupé par les conséquences de l'attentat de Beyrouth du 14 février dernier, qui a coûté la vie à l'ex-Premier ministre libanais, Rafic Hariri et fait plusieurs dizaines d'autres victimes sur les prochaines élections parlementaires au Liban (voir notre dépêche du 15 février 2005).

Il avait appelé les pays concernés à coopérer à l'application de sa résolution appelant au retrait de toutes les troupes étrangères du pays, à savoir les troupes syriennes. Cette résolution 1559 (2004), pour l'application de laquelle Terje Roed-Larsen a été nommé Représentant spécial du Secrétaire général, « demande instamment à toutes les forces étrangères qui y sont encore de se retirer du Liban », « demande que toutes les milices libanaises et non libanaises soient dissoutes et désarmées » et « soutient l'extension du contrôle exercé par le Gouvernement libanais à l'ensemble du territoire du pays ».

Ces dispositions visent essentiellement la Syrie qui maintient encore 14.000 troupes sur le territoire du Liban depuis son intervention lors de la guerre civile, en 1976, après en avoir replié quelque 3.000 suite à l'adoption de la résolution 1559 (2004). Elles visent également le Hezbollah, déployé au Sud-Liban, dans lequel le Gouvernement libanais refuse de déployer son armée.

 

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