Sahara occidental : risque de détérioration si l'impasse se poursuit

28 janvier 2005

Constatant dans un rapport au Conseil de sécurité que les parties sont toujours dans l'impasse sur le Plan de paix pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental, le Secrétaire général craint, malgré le calme à la frontière, que la prolongation de l'impasse ne conduise à une détérioration de la situation.

« Je regrette de devoir informer le Conseil que les parties ne sont toujours pas d'accord sur la façon de surmonter l'impasse actuelle concernant le Plan de paix pour l'autodétermination du peuple du Sahara occidental », affirme le Secrétaire général dans son dernier rapport au Conseil de sécurité, publié aujourd'hui, dans lequel il se déclare « prêt à les aider à trouver une solution qui leur permette de sortir de cette impasse et de progresser vers une solution politique juste, durable et mutuellement acceptable ».

Le Conseil de sécurité a prorogé la Mission le 28 octobre dernier (voir notre dépêche du 28 octobre 2004).

Dans son rapport, le Secrétaire général précise que le « cessez-le-feu qui a pris effet le 6 septembre 1991 continue d'être respecté par les deux parties et d'être surveillé par la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara occidental (MINURSO) dans les limites de ses moyens ».

Il signale toutefois qu'au cours de la période à l'examen, soit depuis le 20 octobre 2004, la MINURSO a observé la présence d'une unité du Front POLISARIO « à l'intérieur de la zone soumise à des restrictions », de même que des mesures de l'Armée royale marocaine « pour améliorer sa capacité de surveillance radar le long du mur de défense ».

En dépit des justifications avancées par les deux parties, notamment leur préoccupation au regard des mouvements de migrants illégaux, la MINURSO a rappelé que la poursuite de mesures de ce type « constituerait une violation de l'accord ».

« On ne saurait cependant sous-estimer les incidents qui se produisent dans la zone d'opérations de la Mission, aussi circonscrits et isolés soient-ils », précise le rapport, qui souligne que la Mission « redouble d'efforts pour faire face aux sources de frictions éventuelles entre les parties ».

« J'ai le plaisir de signaler que ces dernières sont convenues en principe d'informer la Mission de manière détaillée des mesures qu'elles envisagent de prendre pour remédier au problème de l'accroissement des migrations illégales et du passage clandestin de personnes dans tout le territoire. Elles se sont également déclarées disposées à coopérer avec la Mission pour réduire toute friction susceptible de résulter des mesures qu'elles auraient prises face à ce phénomène croissant », précise le Secrétaire général dans son rapport.

« Je continue cependant à craindre que la persistance de l'impasse politique prolongée ne conduise à une détérioration de la situation dans le Sahara occidental », souligne Kofi Annan, qui rappelle que les parties ont réaffirmé qu'elles préféraient nettement que les effectifs de la MINURSO soient accrus, et que sa capacité de patrouiller et d'intervenir en cas d'incident soit renforcée.

 

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