Darfour : le Secrétaire général exhorte les parties à respecter le cessez-le-feu

28 janvier 2005

En route pour Abuja au Nigeria où se tiendra dimanche et lundi prochain un sommet de l'Union Africaine, le Secrétaire général exhorte le Gouvernement soudanais et les mouvements rebelles du Darfour à respecter l'Accord de cessez-le-feu, signé le 4 avril dernier, après la nouvelle d'un bombardement qui aurait fait une centaine de morts dans le nord de la région.

Le Secrétaire général s'est déclaré « profondément troublé » par la nouvelle d'un bombardement près de la ville de Shangil Tobaya dans la région du Darfour au Soudan, indique un communiqué transmis par son porte-parole aujourd'hui.

Selon les observateurs de l'Union africaine, un avion du Gouvernement aurait bombardé le village de Rahad Kabolong, au Nord Darfour (carte) et aurait provoqué la mort d'une centaine de personnes.

« Ce bombardement est le dernier épisode d'une série de graves violations du cessez-le-feu qui ont fait un grand nombre de victimes civiles, entraîné le déplacement de milliers de personnes et sérieusement limité l'accès du personnel humanitaire aux populations », a indiqué le Secrétaire général dans son message.

Il a par ailleurs exhorté « le Gouvernement soudanais et les mouvements rebelles au Darfour à respecter pleinement leurs engagements au regard de l'Accord de cessez-le-feu », signé en avril 2004, et « de toutes les résolutions pertinentes du Conseil de sécurité » (voir la résolution 1547 du 11 juin 2004, la résolution 1556 du 30 juillet 2004 et la résolution 1574 du 19 novembre 2004).

C'est en route pour Abuja, la capitale du Nigeria, où se tiendra dimanche 30 et lundi 31 janvier, un sommet de l'Union Africaine, qui se penchera notamment sur la crise du Darfour, que le Secrétaire général a transmis ce message.

Selon les informations parues dans la presse, certains craignent, à la suite de ce bombardement, que le conflit au Darfour ne reprenne. La région du Darfour est le théâtre depuis deux ans d'une guerre civile qui a fait 70 000 morts et 1,6 million de déplacés et réfugiés. Les combats opposent deux principaux mouvements rebelles – le Mouvement de libération du Soudan (SLM) et le Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM) - aux troupes gouvernementales appuyées par les milices Janjaouites.

Dans un exposé au Conseil de sécurité sur la situation humanitaire en Afrique, Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, avait déploré hier que la violence se poursuive au Darfour, forçant des dizaines de milliers de personnes à fuir leurs villages et empêchant le personnel humanitaire d'atteindre des centaines de milliers de personnes qui dépendent pourtant de leur assistance pour survivre (voir notre dépêche du 27 janvier).

La semaine dernière encore, avait-t-il précisé, plus de 10 000 personnes avaient dû fuir leurs villages du Nord Darfour. Dans le village de Hamada, plus de 100 personnes – des femmes et des enfants pour la plupart – avaient été retrouvées mortes.

Dans un communiqué publié le 26 janvier, la Mission préparatoire des Nations Unies au Soudan (UNAMIS) avait également fait part d'une dégradation de la situation sécuritaire dans le pays (voir notre dépêche du 26 janvier).

Par ailleurs, le rapport de la Commission d'enquête internationale visant à déterminer si des actes de génocide ont été commis dans la région du Darfour qui a été transmis mercredi dernier au Secrétaire général sera communiqué au Conseil de sécurité la semaine prochaine (voir notre dépêche du 24 janvier 2005).

 

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