Tsunami : la « deuxième vague » pourra être évitée, selon Jan Egeland

13 janvier 2005
Jan Egeland

Le Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires, qui estimait aujourd'hui que la « seconde vague des maladies mortelles » allait pouvoir être évitée en Asie du Sud, a regretté que, contrairement au terrorisme, la question des catastrophes naturelles soit sous-estimée par la communauté internationale alors que 250 millions de personnes voient leur vies dévastées chaque année par ces catastrophes.

« Nous pensons pouvoir éviter la seconde vague des maladies mortelles dans la majorité de la région », a annoncé aujourd'hui Jan Egeland, Secrétaire général adjoint aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d'urgence de l'ONU, lors d'une conférence de presse donnée au Siège de l'Organisation à New York, expliquant que « presque toutes les personnes touchées par le tsunami avaient été atteintes ».

Ce n'est pourtant pas le moment de relâcher les efforts, prévient le Secrétaire général adjoint. « Nous entrons maintenant dans la deuxième phase des efforts d'urgence. C'est la phase la plus difficile », a prévenu Jan Egeland, qui a expliqué qu'il fallait maintenant « plus que nourrir et prévenir les maladies », « redonner une vie aux personnes qui avaient été affectées ».

Le Coordonnateur des secours d'urgence a par ailleurs indiqué qu'il y avait toujours « des gros problèmes à Aceh », la région d'Indonésie (carte) la plus touchée par la catastrophe. « Nous en sommes toujours dans la phase aéroportée », or précise-t-il, « nous aurions besoins d'atteindre les gens sur le terrain pour éviter la deuxième vague des maladies » - voir notre dépêche du mercredi 12 janvier sur l'OMS qui prévient des risques d'épidémies dans la région d'Aceh auprès de populations encore dépourvues de soins).

D'après les dernières estimations des autorités locales, 160 000 personnes ont péri dans la catastrophe dont la moitié sont des enfants. Jan Egeland a précisé que des chiffres plus précis étaient attendus pour la semaine prochaine mais que les chiffres définitifs ne seraient jamais connus. Il a aussi confirmé que 2000 à 3000 corps étaient repêchés ou récupérés chaque jour par les autorités.

Au total, 500 000 personnes ont été déplacées. « Un des grands défis est maintenant le retour de ces personnes dans leurs communautés. Ces personnes déplacées veulent maintenant savoir quand elles pourront rentrer et où elles pourront habiter » a-t-il précisé.

A la suite des raz-de-marée géants du 26 décembre, la Conférence mondiale sur la prévention des catastrophes qui aura lieu à Kobe (Japon), du 18 au 22 janvier au Japon, à l'occasion du 10ème anniversaire du séisme qui détruisit ce grand port le 17 janvier 1995, prend une autre dimension, a-t-il estimé.

La Conférence de Kobe sera « très importante », a prédit le Secrétaire général adjoint. « Nous savions aux Nations Unies qu'elle serait importante, maintenant le monde le comprend à quel point ».

Plus de 140 pays y participeront, 130 organisations non gouvernementales, plus 10 chefs d'agences des Nations Unies, les plus grands scientifiques, spécialistes des systèmes de prévention des catastrophes et au total 4000 participants.

« Le tsunami nous a montré à quel point nous étions vulnérables ». « Trois milliards de gens sur la planète vivent dans des endroits propices aux catastrophes naturelles, tels que volcans, ouragans, tremblements de terres, soit presque la moitié de la planète », a rappelé Jan Egeland.

« C'est un problème sous-estimé dans le monde », a-t-il regretté, rappelant que si le terrorisme et les guerres étaient de graves problèmes, les catastrophes naturelles en représentaient de plus graves encore. Les chiffres parlent d'eux-mêmes. « 250 millions de personnes voient leur vies dévastées chaque année par les catastrophes naturelles », a précisé le Secrétaire général adjoint.

« Le climat se détériore. Il y a de plus en plus de cyclones et il y en aura encore plus ». « Le prochain tsunami aura peut-être lieu dans une centaine d'années, en attendant des centaines d'ouragans dévasteront nos terres », a-t-il insisté.

Le Représentant permanent du Japon auprès des auprès des Nations Unies, également présent à la conférence de presse, a rappelé, pour sa part, que la prévention des catastrophes naturelles n'était pas que l'affaire des scientifiques mais aussi celle des politiques.

Il a aussi regretté que dans le « Rapport du Groupe de personnalités de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement », « il n'y ait pas un mot sur les catastrophes naturelles en tant que menace à la sécurité humaine ».

Pourtant, dit-il, « on pourrait faire beaucoup pour réduire l'impact des catastrophes naturelles ». Mais selon lui, « les mesures d'alerte ne seront pas suffisantes », il faudra aussi faire de la prévention, informer et même éduquer sur les tsunamis.

Le Japon va d'ailleurs proposer, lors de la Conférence de Kobe, un plan d'action concret. Un plan d'action de la communauté internationale pour les 10 prochaines années à venir devrait être adopté, a-t-il précisé.

 

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