R. D. du Congo : la MONUC met en garde les troupes insurgées et leur «appui extérieur»

17 décembre 2004

Alors que se poursuivent les affrontements au Nord Kivu, en République Démocratique du Congo (RDC), entre soldats de l'armée nationale (FARDC) favorables au Gouvernement et éléments issus de la rébellion pro-rwandaise, la Mission de l'ONU confirme que ces derniers ont reçu appuis et renforts de « l'extérieur » et salue la décision des autorités d'envoyer une mission d'investigation et de conciliation.

La Mission d'observation des Nations Unies en République démocratique du Congo [RDC] (MONUC) a félicité le Gouvernement de la RDC de sa décision d'envoyer une mission d'investigation et de conciliation dans l'Est de la RDC, arrivée aujourd'hui à Goma, à la suite des affrontements intervenus autour de la ville de Kanyabayonga, indique un communiqué de la Mission diffusé aujourd'hui.

La MONUC, qui rappelle son soutien aux Forces armées de la RDC (FARDC), se félicite de la détermination du Conseil supérieur de défense de « tout mettre en oeuvre pour étendre l'autorité de l'Etat sur l'ensemble du territoire national », ainsi qu'il en avait été décidé les 8 et 15 décembre derniers (voir notre dépêche du 13 décembre 2004).

La MONUC met en garde « les troupes insurgées contre la poursuite des combats » et leur demande « de regagner immédiatement les positions qu'ils occupaient avec le déclenchement des hostilités » et demande également que « la trêve unilatérale ordonnée par le chef de l'Etat soit respectée ».

« La MONUC ne tolèrera pas que les populations civiles soient une nouvelle fois les principales victimes de ces combats », affirme le communiqué qui précise que la Mission redéploie ses troupes au Nord Kivu, notamment à Rutshuru, Kayanbayonga, Rwindi, Goma, Beni, Lubero, Butembo, Masisi, Walikale et Nyabiondo, en vue de protéger les populations civiles ».

« La nouvelle crise humanitaire provoquée par ces combats [a] entraîné le déplacement de plus de 30 000 personnes », affirme la MONUC qui indique que deux missions de reconnaissance sur place, les 14 et 15 décembre dernier, ont permis d'évaluer les besoins humanitaires.

« La MONUC est convaincue que des troupes étrangères sont effectivement entrées au Congo au lendemain des menaces proférées par le Rwanda le 23 novembre dernier (voir notre dépêche du 24 novembre 2004).

Cette annonce avait d'ailleurs fait l'objet d'une condamnation expresse du Conseil de sécurité, le 7 décembre dernier (voir notre dépêche du 7 décembre 2004).

« Elle exige des parties étrangères engagées dans le conflit de cesser tout soutien aux troupes insurgées. Depuis le début de la crise, la MONUC a multiplié ses missions de vérification sur toute l'étendue du Nord Kivu. Ces missions ont confirmé que les soldats mutins ont bien reçu des armes et des renforts en provenance de l'extérieur de la RDC », affirme le communiqué.

«La MONUC tient à souligner l'urgence de poursuivre, voire d'accélérer le processus de brassage et d'intégration des anciennes forces belligérantes, pour éviter que de telles crises ne retardent, voire n'ébranlent l'ensemble du processus de paix ».

Par ailleurs, à Kanyabayonga, ville du Nord Kivu, proche de la frontière avec l'Ouganda, Radio Okapi, la radio de la Mission d'observation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC), affirme dans un communiqué, paru aujourd'hui, que la ville « n'a pas été épargnée malgré l'accalmie relative observée hier jeudi » alors que se poursuivent les pillages des militaires qui tiennent la ville et de civils affamés rentrant chez eux.

« Profitant d'une accalmie relative après les violents combats de mercredi, une partie de la population réfugiée dans la forêt a commencé à revenir à Kanyabayonga (carte des villages de la RDC) dès hier jeudi », a précisé la Radio de la MONUC.

Par ailleurs, Radio Okapi informe dans un communiqué que « le nouveau commandant de la 8e région militaire, le général Amisi dit Tango Fort, était arrivé hier jeudi à Goma » où il s'est dit « confiant quant au règlement du conflit qui prévaut dans le territoire de Lubero ».

Ce dernier a aussi affirmé avoir reçu la mission de « mettre fin à la situation de guerre qui règne présentement dans la région de Kanyabayonga » et de « mettre hors d'état de nuire les forces négatives qui opèrent dans cette partie du territoire congolais ».

« Le chef de l'Etat m'a confié trois missions. La première mission est de voir les hostilités qui se passent à Kanyabayonga et d'arrêter la guerre. Ca ne vaut plus la peine qu'il y ait la guerre ici au Nord Kivu entre les troupes congolaises. La deuxième, c'est brasser les unités de la 8e région militaire comme je l'ai fait à la 5e région militaire. Et puis la troisième mission est de mettre hors d'état de nuire tous les inciviques quelle que soit leur nationalité », a indiqué le général Amisi à la Radio de la MONUC.

Selon cette dernière, « le général Amisi soutient avoir reçu des promesses fermes du président Joseph Kabila quant aux besoins logistiques des éléments de la 8e région militaire pour leur permettre bien de mener leur mission ».

 

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