Une ONU plus forte pour un monde plus sûr, plaide Kofi Annan à Washington

16 décembre 2004

A Washington aujourd'hui, où il a rencontré Condoleezza Rice, le Secrétaire général de l'ONU, Kofi Annan, a décrit sa vision d'un monde plus sûr, qui passe par le renforcement du multilatéralisme et la réforme de l'ONU, appelant les Etats-Unis à y contribuer vigoureusement, puisqu'aucun Etat ne peut plus assurer seul sa sécurité.

« Je voudrais parler de ma vision d'un monde plus sûr et d'une meilleure Organisation des Nations Unies ». « Nous vivons dans un monde dangereux » et aucun Etat ne peut répondre pleinement à ces menaces, a déclaré aujourd'hui Kofi Annan à l'issue d'une rencontre au 'Council on Foreign Relations', consécutif à une réunion à la Maison Blanche, à Washington, avec la Conseillère du Président des Etats-Unis pour la sécurité nationale, Condoleezza Rice.

« Pourtant, en réponse à ces menaces, nous sommes profondément divisés, sur notre approche et quant à nos priorités les plus urgentes », a-t-il précisé lors de son allocution (en anglais).

Face aux menaces posées par les « ennemis communs de l'humanité », notamment les acteurs non étatiques, « il faut agir dès à présent pour renforcer nos défenses collectives. Nous devons nous unir pour maîtriser les menaces de demain et nous ne devons pas leur permettre de nous diviser et de régner sur nous », a déclaré le Secrétaire général.

« Je suis le premier à reconnaître que l'ONU n'est pas parfaite. Parfois, elle montre des signes d'usure. Mais notre monde ne trouvera pas facilement de meilleur instrument pour forger une réponse globale et durable aux menaces d'aujourd'hui », a affirmé Kofi Annan.

Le Secrétaire général a par ailleurs d'emblée abordé les « troublantes allégations concernant le programme 'pétrole contre nourriture'».

« Nous devons aller au fond de ces allégations », a-t-il affirmé, indiquant qu'il prendrait des décisions sur la base des conclusions de l'enquête de Paul Volcker, et que le personnel de l'ONU avait reçu des instructions fermes à collaborer.

Kofi Annan a présenté, comme il l'avait fait devant l'Assemblée générale (voir notre dépêche du 8 décembre 2004) les grands points du rapport du Groupe de haut niveau sur les menaces, les défis et le changement et la réforme de l'ONU.

Rappelant que « la solidité de nos défenses ne dépend que du maillon le plus faible », le Secrétaire général a notamment appelé à l'adoption d'une Convention sur le terrorisme s'inspirant de la définition contenue dans le rapport et à renforcer l'action multilatérale pour éviter « une cascade de prolifération nucléaire ».

Il a aussi estimé que l'ONU de demain devait être plus sérieuse quant à la promotion du développement.

Pour l'heure, a-t-il rappelé, s'il ne faut jamais « recourir à la force à la légère », et si elle constitue un dernier ressort, une situation dramatique existe aujourd'hui au Darfour.

« La communauté internationale doit soutenir les efforts de l'Union africaine pour déployer les troupes et parvenir à une solution politique », a déclaré Kofi Annan.

Le Secrétaire général a par ailleurs rappelé les succès de l'ONU dans le maintien de la paix, notamment en Namibie, au Mozambique, au Tadjikistan, au Cambodge, à El Salvador, au Guatemala et au Timor-Leste.

« Et notre travail continue aujourd'hui à Haïti, au Kosovo, au Libéria, en Sierra Leone et ailleurs, notamment en Afghanistan et en Iraq ».

"L'ONU est aussi déterminée à contribuer à la naissance d'un nouvel Iraq. J'ai depuis longtemps clairement indiqué que nous devions nous unir pour construire un nouvel Iraq, libre et démocratique » a affirmé Kofi Annan.

« Pour des raisons de sécurité le plus souvent, notre rôle en Iraq ne reçoit que peu de publicité. Nous agissons 'sans tambour ni trompette', sur la base du mandat donné par le Conseil de sécurité », a-t-il rappelé, précisant que l'ONU avait aidé à la formation de 6 000 travailleurs électoraux et au recrutement de 130 000 personnes pour la tenue des bureaux de vote.

Réitérant son vif soutien aux propositions du Groupe de haut niveau, Kofi Annan a rappelé qu'il était persuadé que « l'ONU de demain devait avoir des institutions réformées et revitalisées : un Conseil de sécurité qui reflète le monde du 21ème siècle et pas celui de 1945, une Commission et un Haut Commissariat aux Droits de l'homme renforcées et un Secrétariat plus ouvert, plus responsable et plus à même de recruter et de promouvoir les meilleurs éléments ».

« J'espère que les Etats-Unis joueront un rôle actif dans ce processus de changement et de renouveau. Après tout, la vision et les valeurs américaines ont contribué à la création de l'ONU », a affirmé le Secrétaire général.

« Le soutien et le leadership des Etats-Unis ont toujours été déterminants pour le succès de l'ONU […] et aujourd'hui, les Etats-Unis, pas moins qu'un autre Etat, ont besoin de la coopération mondiale pour assurer leur sécurité » a conclu Kofi Annan.

 

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