R. D. du Congo : opération lancée par la MONUC contre une milice en Ituri

6 décembre 2004

Une opération contre un camp des Forces armées du peuple congolais (FAPC), milice de l'Ituri soupçonnée d'avoir commis des meurtres notamment contre des enfants soldats qui souhaitaient quitter le groupe armé, a été conduite hier par la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC).

La MONUC a lancé, dimanche 5 décembre 2004, une opération contre le camp de Ndrele, dans le nord-est de l'Ituri [région frontalière de l'Ouganda au Nord-est de la RDC], suite à de très graves allégations relatives à des exactions perpétrées par les miliciens des Forces armées du peuple congolais (FAPC) contre des civils, indique un communiqué de la Mission d'observation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) publié aujourd'hui.

Selon la MONUC, les exactions alléguées allaient « de meurtres d'enfants soldats souhaitant quitter leur groupe armé à la présomption de présence d'ossements humains dans ce camp ».

« L'opération avait pour but de permettre à des représentants de la police civile, de la section des droits de l'homme et de la protection de l'enfance, d'enquêter sur ces allégations », explique la Mission qui précise que cette opération de vérification était appuyée par des éléments de la Brigade Ituri de la MONUC - environ 300 casques bleus des contingents bangladeshi, pakistanais et népalais - soutenus par deux hélicoptères d'attaque.

« Les casques bleus ont encerclé le camp Ndrele et la MONUC a demandé aux miliciens de coopérer et de laisser sortir leurs familles - femmes et enfants - utilisées à l'évidence comme boucliers humains. Les miliciens, estimés entre 100 et 150, ont d'abord accepté l'offre avant de revenir sur leur décision » précise le communiqué.

« A la mi-journée, après une longue période d'attente, un hélicoptère a procédé à un tir d'avertissement sur une partie vide du camp. Les miliciens ont alors ouvert le feu contre l'hélicoptère et contre les casques bleus », parvenant à s'exfiltrer dans la brousse sans répondre aux sommations de la MONUC avant qu'elle ne puisse investir le camp de Ndrele, situé à 20 kilomètres au Sud-ouest de Mahagi (carte).

« Bilan provisoire : deux casques bleus blessés, deux miliciens tués, une civile blessée transportée à l'hôpital de Mahagi par la MONUC, deux arrestations », indique le communiqué qui précise qu'aucun bilan n'est disponible du côté des miliciens en fuite.

« La section des droits de l'homme et la police civile a confirmé la présence d'au moins deux tombes suspectes dans le camp et a ouvert une enquête », indique la MONUC, qui « condamne fermement les actes criminels perpétrés par les FAPC commandés par Monsieur Jérôme Kakwavu et par tout autre chef de groupe armé de l'Ituri contre les populations civiles ».

Elle dénonce également le « sabotage systématique par les chefs des groupes armés de l'Ituri du programme de Désarmement et Réintégration Communautaire (DRC) initié en septembre 2004 par le gouvernement de transition et la MONUC alors que la majorité de leurs miliciens sont candidats au désarmement avant soit leur intégration dans l'armée soit leur retour à la vie civile ».

Selon la Mission de l'ONU en RDC, de tels agissements violent « l'Acte d'Engagement que les chefs des groupes armés ont personnellement signé le 14 mai 2004 à Kinshasa et dans lequel ils s'engageaient à cesser les exactions contre les populations civiles et à désarmer. » (voir notre dépêche du 17 mai 2004).

 

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