La Mission de l'ONU au Burundi en alerte sur la situation en R. D. du Congo

3 décembre 2004

L'Opération des Nations Unies au Burundi, qui lance son programme de désarmement, se déclare en alerte après qu'hier la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo a informé que des soldats de l'armée rwandaise avaient traversé la frontière avec la RDC, dans une opération condamnée par le Secrétaire général et le Conseil de sécurité.

« La mission de l'ONU au Burundi [Opération des Nations Unies au Burundi ( ONUB )] reste en alerte sur l'évolution de la situation en République démocratique du Congo », son voisin de l'Ouest, a déclaré aujourd'hui le porte-parole du Secrétaire général, Fred Eckhard, lors de son point quotidien avec la presse, au Siège de l'ONU à New York.

« Une surveillance accrue des frontières est menée en coopération avec la Mission d'observation des Nations Unies en République démocratique du Congo (MONUC) », a-t-il déclaré.

Hier, la MONUC a informé que l'armée rwandaise aurait effectivement pénétré sur le territoire de la RDC et que des combats violents s'y déroulaient (voir notre dépêche du 2 décembre 2004) (carte).

Pour sa part, le Secrétaire général, dans un message transmis par son porte-parole, a appelé le Gouvernement du Rwanda à « s'abstenir de toute action militaire en République démocratique du Congo qui pourrait interrompre le processus de transition dans le pays ».

Au cours d'une conférence de presse qui s'est tenue hier à l'ONU, le Président du Conseil de sécurité pour le mois de décembre et Représentant permanent de l'Algérie, Abdallah Baali, a fait part des consultations que le Conseil a tenues sur la situation dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), en présence du Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien la paix, Jean-Marie Guéhenno.

Devant ce que le Secrétaire général adjoint a décrit comme la présence de cinq à six bataillons équipés de matériels indiquant leur appartenance à l'Armée rwandaise, a indiqué le Président, les membres du Conseil ont exprimé leur préoccupation et, condamnant ces incursions, ont appelé les deux parties à faire preuve de retenue et à assumer leurs responsabilités en matière de sécurité dans leur territoire et en dehors de celui-ci.

Abdallah Baali a ajouté que les experts devaient étudier un projet de Déclaration présidentielle sur la question.

Par ailleurs, l'Opération des Nations Unies au Burundi ( ONUB ) a informé du lancement du processus de désarmement, de démobilisation, de réintégration et de réinsertion, qui a commencé hier à Muramvya par le démobilisation de 220 ex-rebelles.

“La Représentante spéciale du Secrétaire général pour le Burundi, Carolyn McAskie, a assisté à la cérémonie en présence du Président du Burundi, Domitien Ndayizeye », a précisé aujourd'hui Fred Eckhard.

Près de 10 500 soldats et ex-combattants devraient être démobilisés et réintégrés dans la première phase de ce programme, a-t-il ajouté.

 

♦ Recevez des mises à jour quotidiennes directement dans votre boîte mail - Inscrivez-vous ici.
♦ Téléchargez l'application ONU Info pour vos appareils iOS ou Android.