Le tort porté par la crise en Côte d'Ivoire à l'Afrique de l'Ouest

Le tort porté par la crise en Côte d'Ivoire à l'Afrique de l'Ouest

Ahmedou Ould-Abdallah
Dans une déclaration rendue publique aujourd'hui le Représentant spécial de l'Onu pour l'Afrique de l'Ouest souligne « le tort incalculable » que la crise actuelle en Côte d'Ivoire porte à leur pays mais aussi à l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest.

Déplorant la détérioration récente de la situation en Côte d'Ivoire, Ahmedou Ould-Abdallah, s'est déclaré profondément inquiet face à l'impact négatif de la crise non seulement en Côte d'Ivoire mais aussi, à plusieurs niveaux, dans l'ensemble de l'Afrique de l'Ouest.

« Ceux qui sont responsables de cette nouvelle escalade de la violence», a-t-il déclaré, « causent un tort incalculable non seulement à l'avenir de leur pays mais à celui de toute l'Afrique de l'Ouest. »

« Comment pouvons-nous espérer attirer des investissements étrangers, essentiels pour créer les emplois dont tant de millions de jeunes ouest-africains ont désespérément besoin, si certains de nos dirigeants continuent de poursuivre une logique de guerre et de vendetta année après année? », interroge-t-il.

« Les générations futures jugeront de manière extrêmement dure certains des dirigeants d'aujourd'hui pour avoir empêché l'avancement de nos sociétés», ajoute-t-il.

Cette déclaration fait suite à une réunion consacrée à la révision des plans humanitaires d'urgence pour la Côte d'Ivoire et les pays environnants.

M. Ould-Abdallah souligne que « la situation humanitaire dans le pays, en particulier dans les zones frontalières, est une source de vive préoccupation, avec les milliers de réfugiés qui affluent dans les pays voisins, et pour beaucoup dans des conditions désespérées.»

Depuis 2002, l'économie d'une grande partie de la sous- région s'est gravement détériorée en raison des perturbations dans le commerce, le transport et les transactions monétaires.

Le Representant Spécial du Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, pour l'Afrique de l'Ouest depuis 2002 est également préoccupé par les éventuels débordements de la crise dans les pays voisins avec notamment de nouveaux mouvements transfrontaliers de combattants, d'armes légères et de mercenaires tant à l'intérieur qu'à l'extérieur de la sous-région.

Il attire l'attention sur le fait que la crise actuelle pourrait à nouveau embraser l'ensemble de la sous-région, la replongeant dans la violence et attirant par conséquent des combattants et des pilleurs d'autres pays.

«Malgré les excellents efforts déployés par le Secrétaire Exécutif de la CEDEAO et un certain nombre de chefs d'Etat de la sous-région, notamment les Présidents Kufuor du Ghana et Obasanjo du Nigéria », fait-il observer, « cette crise continue d'imposer un fardeau additionnel aux ressources limitées de la CEDEAO et ternit davantage l'image de l'Afrique de l'Ouest perçue comme une région chroniquement instable », indique le communiqué.