Le rôle des médias ivoiriens dénoncés par Reporters sans Frontières, indique la Mission de l'ONU

11 novembre 2004

Lançant un appel au retour au calme et à la normale, l'Opération de l'ONU en Côte d'Ivoire attire l'attention sur le rôle joué dans les troubles actuels par la radio et la télévision ivoirienne, tel que le décrit l'organisation Reporters sans frontières qui indique que celles-ci versent dans la propagande, appelant à l'émeute et propageant de fausses rumeurs.

L'Opération des Nations Unies en Côte d'Ivoire (ONUCI), gravement préoccupée par la situation sécuritaire et humanitaire en Côte d'Ivoire, lance aujourd'hui dans un communiqué un appel au retour au calme et à la normale.

Elle indique se joindre ainsi aux appels à l'arrêt de toutes hostilités et à la retenue lancés par le Secrétaire général des Nations Unies, ainsi que par les autorités ivoiriennes et les trois commandants militaires des Forces de Défense et de Sécurité de Côte d'Ivoire, de l'Opération Licorne et de la Force de l'ONUCI à la population.

La Mission de l'ONU fait état d'une situation qui demeure instable à Abidjan et signale que ce sont plus de 1,800 personnes qui ont cherché refuge et ont bénéficié de la protection de l'ONUCI dans des enceintes sécurisées.

Dans le Nord du pays où l'eau et l'électricité ont été coupées depuis plusieurs jours, elle réclame le rétablissement rapide de ces services afin d'assurer aux populations à risque l'accès aux services sanitaires vitaux. En collaboration avec des organisations humanitaires, l'ONUCI est en train de fournir un appui d'urgence aux centres de santé, ajoute la mission dans son communiqué.

L'ONUCI transmet par ailleurs une analyse de la propagande haineuse diffusée par la radio et la télévision publiques, telle qu'elle a été réalisée par l'organisation Reporters sans frontières.

Dans un document intitulé « Intoxication, libre antenne, incitation à l'émeute : la dérive propagandiste des médias d'Etat d'Abidjan », l'organisation indique que, « après le saccage des journaux d'opposition, la semaine dernière », la radio et la télévision publiques ivoiriennes, devenues « les plus importantes sources d`information des Abidjanais », diffusent « une information biaisée » et des appels à l'émeute. »

Reporters sans Frontières cite l'exemple d'une intervention à l'antenne de Radio Côte d'Ivoire d'un prédicateur de l'Eglise de la parole vivante qui, le 9 novembre dernier, s'est livré en direct à de « violentes imprécations. »

« Le pays doit être délivré des méchants », a lancé ce prédicteur, dans la relation qu'en fait Reporters sans frontières. Affirmant que le président français Jacques Chirac était « habité par l'esprit de Satan », il a ensuite décrit la Côte d'Ivoire comme un pays « coupé en deux blocs : d`un côté le bloc du Diable, de l'autre côté le bloc de Dieu » qu'il convient aux « patriotes » de faire triompher. Son monologue a été conclu par les deux animatrices de RCI par un vibrant « Amen, pasteur », relate l'organisation.

« S'il ne veut pas être accusé de double langage, le président Laurent Gbagbo devrait donc veiller à ce que les médias officiels ne soient plus les instruments d'organisation et de galvanisation des 'Jeunes patriotes' », conclut Reporters sans frontières.

 

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