Afghanistan : libérez Lito, Annetta et Shqipe, plaide la Mission de l'ONU

31 octobre 2004

Lançant un appel aux ravisseurs des trois membres de l'ONU enlevés en Afghanistan, le porte-parole de la Mission de l'ONU a évoqué les liens tissés entre les membres non-afghans de l'Organisation et la population du pays qu'ils ont voulue venir aider. « Nous aimons être ici », a-t-il déclaré.

« Ils viennent de terres lointaines aux usages, cultures et traditions très diverses », a déclaré aujourd'hui le porte-parole de la MANUA, la Mission d'assistance des Nations Unies pour l'Afghanistan, à propos des trois membres de l'ONU, Shqipe Hebibi, Annetta Flanigan and Angelito Nayan, enlevés la semaine dernière à Kaboul.

« Toutefois ils ont une chose en commun, leur engagement au service de populations qui peuvent bénéficier de leurs connaissances et de leur expertise. C'est pour cela qu'ils se sont portés volontaires pour venir travailler en Afghanistan », a ajouté Manoel de Almeida e Silva.

C'était la première fois, lors de la conférence de presse qu'il a tenue aujourd'hui à Kaboul, que l'ONU communiquait officiellement l'identité des trois collaborateurs non-afghans du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) pris en otages.

Le porte-parole de la MANUA a ajouté que, « comme tous ceux d'entre nous travaillant pour les nombreuses agences de l'ONU en Afghanistan, Lito, Annetta and Shqipe ont été chaleureusement accueillis par les Afghans. »

En travaillant avec eux « pour améliorer leurs conditions de vie et renforcer leurs institutions, nous apprenons à connaître leur culture et leurs traditions. Nous aimons être ici », a-t-il poursuivi.

« C'est pour cela qu'il nous est difficile de comprendre cet enlèvement, cet acte de violence contre des individus qui oeuvrent à la prospérité, à la reconscruction et à la paix de ce pays », a ajouté Manoel de Almeida.

Il a précisé que l'équipe de l'ONU chargée de la sécurité avait passé en revue la situation au cours des trois derniers jours et qu'elle avait décidé de la poursuite de tous les programmes et de toutes les opérations en cours sans changement en ce qui concernait le personnel.

En revanche, il a été décidé que les mesures déjà en vigueur dans certains secteurs du pays, celles portant en particulier sur la protection des mouvements de véhicules de l'ONU, s'appliqueraient désormais à Kaboul.

Se refusant à fournir quelque détail que ce soit sur l'enquête en cours et d'éventuels contacts avec les ravisseurs, Manoel de Almeida a toutefois précisé, en réponse à une question, que la responsabilité de la sécurité du personnel de l'ONU incombait aux autorités afghanes et que le ministère de l'Intérieur était chargé de l'enquête sur cette affaire.

« Ils travaillent dur avec les ressources dont ils disposent et l'appui que leur fournissent leurs partenaires internationaux », a-t-il ajouté.

A propos des trois membres de l'ONU enlevés, Manoel de Almeida a également déclaré : « Ils nous manquent ; nous sommes inquiets à leur sujet, quant à leur état médical et physique, de la façon dont ils tiennent le coup. »

« Nous exhortons ceux qui les détiennent, à ne pas leur faire de mal. Tous trois ont besoin de soins médicaux et la meilleure façon de les leur apporter est de les remettre en liberté immédiatement. C'est le voeu le plus cher de leurs parents, de leurs frères et soeurs, du mari, des amis et des collègues d'Annetta, Lito et Shqipe », a plaidé le porte-parole de la MANUA.

A la suite du point avec la presse et en réponse aux questions de journalistes portant sur la vidéo diffusée par la chaîne de télévision Al-Jazira, Manoel de Almeida a indiqué être en mesure de confirmer qu'il s'agissait bien des membres de l'ONU enlevés qui y étaient filmés.

« Nous sommes soulagés de constater qu'ils semblent indemnes », a-t-il déclaré, lançant à nouveau un appel à leur remise en liberté immédiate.

Il y a trois jours, le 28 octobre, le Secrétaire général de l'ONU déclarait sa « consternation » après avoir appris que trois fonctionnaires internationaux recrutés par le PNUD avaient été enlevés, le même jour, du véhicule de l'ONU à bord duquel ils se trouvaient, à environ 13 heures (heure locale), dans la capitale afghane.

Il indiquait alors que très peu d'informations étaient disponibles mais que les Nations Unies étaient en contact étroit avec les autorités et espéraient que tous trois seraient libérés immédiatement et sans condition.

 

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