Thaïlande : une enquête impartiale sur la mort de 87 manifestants, demande Louise Arbour

29 octobre 2004

Une enquête rapide, approfondie et indépendante, a réclamé la Haute Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'homme aux autorités thaïlandaises, après la mort de 87 personnes lors d'une manifestation.

La Haute Commissaire des Nations Unies aux Droits de l'homme, Louise Arbour, a appelé à ce que l'enquête sur la mort, le 25 octobre dernier, de près de 87 manifestants dans le sud de la Thaïlande, demandée par les autorités thaïlandaises, soit « rapide, approfondie et indépendante » indique aujourd'hui un communiqué du Haut Commissariat aux Droits de l'homme.

La Haute-Commissaire a indiqué qu'il était important que l'enquête sur ces événements demandée par les autorités soit non seulement rapide, minutieuse et indépendante, mais qu'elle soit efficace.

« Les résultats doivent être rendus publics ». Par ailleurs, « il est crucial de traduire devant la justice tous les responsables de ces violations afin d'empêcher l'instauration d'un climat d'impunité » a-t-elle déclaré.

Louise Arbour a également invité les autorités thaïlandaises à permettre aux 1 300 personnes qui sont actuellement en garde à vue en vertu de la loi martiale instaurée à la suite des manifestations d'avoir accès immédiatement à des avocats, à leurs proches et à des soins médicaux, et de s'assurer qu'ils ne sont soumis à aucune peine ou traitement cruel, inhumain ou dégradant.

La Haute-Commissaire a invité les autorités thaïlandaises à se conformer aux dispositions internationales sur les droits de l'homme, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, les principes de base sur le recours à la force et l'utilisation des armes à feu par les responsables de l'application des lois, les règles minima pour le traitement des détenus, les principes fondamentaux relatifs au traitement des détenus et les principes pour la protection de toutes les personnes soumises à une forme quelconque de détention ou d'emprisonnement.

Mme Arbour a souligné qu'en tant État partie de la Convention sur les droits civils et politiques, la Thaïlande avait l'obligation de ne pas recourir à des arrestations arbitraires, de garantir un procès équitable à tous les détenus dans une période raisonnable ou de les libérer, de mener rapidement une enquête indépendante sur chaque mort et de s'abstenir de recourir à l'usage excessif de la force et aux traitements cruels, inhumains ou dégradants.

Selon Mme Arbour, les informations sur le sud de la Thaïlande font état d'arrestations arbitraires, de disparitions des défenseurs de droits de l'homme et d'un nombre de morts sans cesse croissant, indique le communiqué.

 

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