Le Cambodge, un refuge potentiel de terroristes, prévient le chef du Comité anti-Al-Qaeda

22 octobre 2004

Le Cambodge, qui est très en retard dans l'adoption d'une législation anti-terroriste et ne dispose pas de capacités pour lutter contre ce fléau, pourrait, si on ne l'aide pas, devenir une pépinière du terrorisme international, a indiqué aujourd'hui le Président du Comité anti-Al-Qaeda.

De retour de visites qui l'ont conduit du 4 au 14 octobre, des Philippines, au Cambodge, en Thaïlande et en Australie, le Président du Comité chargé de veiller à l'application des sanctions contre Al-Qaeda et les Taliban, l'ambassadeur du Chili, Heraldo Muñoz, a indiqué aujourd'hui, lors d'une conférence de presse à laquelle participait le Representant permanent des Philippines auprès de l'ONU à New York, Lauro Baja, avoir trouvé des situations très différentes d'un pays à l'autre « en termes de capacité mais aussi en termes de volonté politique ».

Certains pays sont très en retard dans l'adoption de la législation et dans leurs capacités d'affronter la menace du terrorisme et pourraient par conséquent devenir des bases opérationnelles pour des organisations terroristes telles que la Jemaah Islamiya et d'autres organisations associées à Al-Qaeda, a-t-il souligné, précisant que « c'était notamment le cas du Cambodge. »

Il a ajouté que d'autres pays connaissaient des difficultés citant le cas des Philippines et de la Thaïlande mais que celui du Cambodge était le plus inquiétant. Si ce pays comme d'autres ne sont pas aidés, ils peuvent devenir une « pépinière de terroristes », a-t-il prévenu.

La mission traduisait une approche défendue par les deux comités du Conseil de sécurité contre le terrorisme, celui dirigé par Heraldo Muñoz, dit aussi Comité 1267 en référence à la résolution qui l'a créé, et le Comité contre le terrorisme qui faisait récemment le point sur ses activités devant le Conseil de sécurité (voir notre dépêche du 19 octobre).

L'un et l'autre estiment que seules des visites sur le terrain peuvent permettre de se rendre compte de la réelle application des sanctions et des mesures de lutte contre le terrorisme mais également d'évaluer les difficultés que peuvent rencontrer les différents pays.

C'est exactement le but de la visite effectuée par la mission conduite par M. Muñoz qui était accompagné par les représentants de la Chine, de l'Allemagne, du Chili ainsi que des membres du Secrétariat de l'ONU.

« Nous souhaitions, a-t-il indiqué, engager un dialogue avec les Gouvernements de ces pays, vérifier l'application des sanctions contre Al-Quaida et les Taliban et identifier les problèmes qui pouvaient se poser dans leur application. »

Webcast de la conférence de presse (en anglais)

 

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