Soudan : exacerbation de la tension dans les trois Etats du Darfour

18 octobre 2004

Même si un accord est survenu entre l'ONU et un des mouvements rebelles, lequel devrait permettre aux intervenants humanitaires d'opérer dans les zones sous son contrôle, la tension monte dans les trois Darfour, indique la Mission avancée de l'ONU au Soudan, tandis qu'une experte de l'UNICEF témoigne des récits innombrables d'enfants ayant vu leurs villages brûlés et leurs parents tués sous leurs yeux.

La Mission de l'ONU au Soudan signale qu'une équipe humanitaire a rencontré les rebelles de l'Armée de libération du Soudan (ALS) et qu'ils sont parvenus à un accord de principe qui devrait permettre aux opérations humanitaires de se dérouler dans les secteurs contrôlés par le mouvement rebelle ou dans des zones disputées du Darfour, a-t-il été indiqué aujourd'hui, lors du point quotidien avec la presse organisé par le Bureau du porte-parole.

La Mission signale par ailleurs une exacerbation des tensions, enregistrée un peu partout dans les Etats du Darfour pendant le week-end, y compris dans les deux villes capitales des Etats du Darfour Nord et Ouest, a précisé à cette occasion le porte-parole Stéphane Dujarric.

Selon les informations fournies par la Mission, les travailleurs humanitaires sont victimes de harcèlements et les détournements de véhicules humanitaires continuent à se produire.

Elle indique également que le Programme alimentaire mondial (PAM) de l'ONU a terminé sa distribution de vivres au camp de Zam Zam au Nord-Darfour et que 47 000 enfants sur les 202 000 visés par une campagne anti-polio lancée au (carte des réfugiés au Darfour)Ouest avaient pu être vaccinés, précise Stéphane Dujarric.

L'Organisation mondiale de la santé (OMS) fait par ailleurs état d'un nombre élevé de décès parmi les personnes déplacées, jusqu'à 70 000 personnes d'entre elles étant mortes au Darfour, depuis le 1er mars de cette année, des effets directs de leurs conditions de vie, a-t-il indiqué par ailleurs, ajoutant que des recherches supplémentaires seraient nécessaires pour déterminer la proportion des décès dus à telle ou telle cause, mais que la plupart d'entre eux provenaient d'infections intestinales aggravées par la malnutrition.

Par ailleurs, l'experte de l'UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l'enfance) sur la violence sexuelle, Pamela Shifman, qui revient d'une mission au Nord-Darfour, indique, dans un communiqué de l'agence diffusé aujourd'hui, qu'elle a entendu, au cours de son séjour, un nombre incalculable d'enfants raconter la même histoire, celle de villages brûlés, de parents tués sous leurs yeux, de leurs mères ou des membres de leurs familles violés et de communautés entières forcées de s'enfuir.

« Le viol des femmes et les fillettes dans des situations de confit est souvent utilisé comme une forme de torture et dans l'intention d'instiller un sentiment de honte et de peur. Il s'agit, pour nombre d'entre elles, d'un point culminant après qu'elles ont dû subir des atteintes successives à leur dignité », indique le communiqué de l'UNICEF.

Pamela Shifman était chargée d'évaluer l'impact des viols sur les femmes et les enfants de la région et les besoins des victimes au plan médical, psychologique, juridique et en termes de sécurité.

Enfin, la radio de l'ONU indique qu'à la suite d'un mini sommet tenu ce week-end à Tripoli, le Gouvernement soudanais pourrait donner plus d'autonomie à la province du Darfour (Site de la radio de l’ONU).

image  Radio de l'ONU (audio)

 

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