R.D. du Congo : une ville du Katanga aux mains de Maï Maï et d'ex-gendarmes katangais

15 octobre 2004

La localité de Kilwa au nord de la province du Katanga, décrite comme « zone à haut risque » dans le dernier rapport du Secrétaire général, est tombée, hier jeudi matin, entre les mains d'un groupe de Maï Maï, associé à d'anciens gendarmes katangais revenus d'Angola, un assaut qui a entraîné une hémorragie de la population, annonce aujourd'hui la radio de la Mission de l'ONU au Congo.

Selon des sources humanitaires citées par Radio Okapi, la radio de la Mission des Nations Unies au Congo, la MONUC, d'anciens gendarmes katangais connus sous le nom de Tigres et conduit par un certain Mukwali, « alliés aux anciens éléments Maï Maï du chef de guerre Gédéon », ont marché sur la localité dont ils se sont emparés ce qui a entraîné l'évacuation des employés de la Société des mines.

Radio Okapi indique que l'état-major général des FARDC [Forces armées de la RDC] confirme cette information et demande à la population de Kilwa de garder son calme.

Dans un communiqué rendu public hier jeudi sur la chaîne de télévision publique, l'état-major a annoncé le renforcement des positions des forces loyalistes dans ce secteur du Katanga et assure que la situation va être rétablie dans les prochaines heures

Dans un deuxième bulletin publié peu après 16 heures, heure locale, la radio précise que l'administrateur du territoire et tous les fonctionnaires de l'Etat avaient été remplacés par les mutins et qu'une grande partie de la population avait quitté la cité ainsi que les acteurs humanitaires présents à Kilwa et tous les employés internationaux de la Société minière.

Dans son rapport le plus récent sur la situation en RDC, celui dans il lequel il recommandait de porter l'effectif autorisé de la Mission de l'ONU dans le pays à 23 900 personnes, ce qui aurait renforcé de 13 100 éléments les 10 800 soldats déjà déployés, le Secrétaire général désignait le Katanga, ainsi que les Kasaïs, comme des zones « à très haut risque » au moment où la RDC entrait en phase électorale (voir notre dépêche du 20 août).

« Le potentiel de violence et de désordre du Katanga a été démontré à maintes reprises depuis l'indépendance, des mouvements armés de sécession ou des hostilités ayant été fréquents dans la province » faisait-il observer, précisant que dans l'Est de la province, des tensions règnent entre les Maï Maï et des éléments de l'ex-RCD-Goma tandis que le Nord est témoin de tensions entre divers groupes de Maï Maï et les anciennes FAC.

Au cours des dernières années, certaines villes, telles que Kalemie, Pweto et Moliro, sont devenues des points chauds qui ont menacé le processus de paix, poursuivait-il. Cette province est également la base de personnalités politiques de premier plan, y compris le Président Kabila.

A la suite de la décision du Conseil de sécurité de n'augmenter que de 5 900 personnes les effectifs de la MONUC, le Secrétaire général avait souligné que le chiffre de 23 900 soldats préconisé dans son rapport du mois d'août, était le « minimum requis » pour faire face aux nombreux défis du pays (voir notre communiqué du 1 octobre).

 

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