Sept pays africains ont connu 7% de croissance en 2003, selon un rapport de la CEA

29 septembre 2004

Pour que les pays africains puissent bénéficier de l'ouverture des marchés mondiaux, les pays industriels doivent respecter les règles du jeu matière de commerce international et les pays africains répondre aux critères susceptibles d'attirer l'investissement, met en relief le rapport sur la situation de l'économie africaine en 2004 que vient de publier la Commission économique pour l'Afrique (CEA) de l'ONU.

Intitulé « Economic Report on Africa 2004 –- Unlocking Africa's Trade Potential », ce rapport souligne les difficultés que rencontrent les pays africains, qui ont connu, en 2003, une croissance moyenne de 3,8%, loin des 7% requis pour parvenir à réduire la pauvreté, indique un communiqué de la CEA.

Cependant le déficit des pays africains a baissé de 1,6% à 0,7% du produit national brut (PNB) en 2003, grâce notamment au prix du pétrole et des matières premières ainsi qu'à l'argent envoyé par les Africains travaillant hors du continent.

Le rapport estime toutefois que les performances commerciales africaines pourraient être améliorées si des politiques des donateurs telles que la loi en faveur de la croissance de l'Afrique et son accès aux marchés (AGOA selon son acronyme anglais) étaient renforcées.

Dans le cadre de l'AGOA, les États-Unis accordent un droit d'accès privilégié à leur marché aux pays africains qui acceptent de libéraliser leur économie. En pratique, indique le rapport de la CEA, peu de pays africains, à l'exception des pays les moins avancés (PMA), bénéficient de ces avantages.

Le rapport regrette que l'impact positif de l'AGOA et de l'initiative européenne intitulée « Tout sauf des armes » soit limité en raison des pertes de revenu africain liées aux subventions agricoles américaines et européennes. Chaque année, 300 milliards de dollars sont consacrés aux subventions agricoles aux États-Unis et en Europe alors que seulement un sixième de cette somme est consacré à l'aide aux pays les plus pauvres.

Bien que les pays donateurs se soient engagés en 2002 à l'issue de la Conférence internationale de Monterrey sur le financement du développement à augmenter leur aide au développement, celle-ci, qui s'élevait à 22,2 milliards de dollars en 2002, était inférieure à celle versée en 1990 d'un montant de 26,6 milliards de dollars.

Le rapport invite également les pays africains à devenir plus compétitifs et donc plus attrayants pour l'investissement étranger direct (IED). Pour cela, ils sont invités à faire des efforts pour mettre un terme aux conflits et disposer d'une main d'oeuvre qualifiée et en bonne santé, d'améliorer la gouvernance économique et politique et de développer des infrastructures de base. En 2003, seulement cinq pays africains –Angola, Burkina Faso, Tchad, Guinée équatoriale et Mozambique– ont atteint l'objectif de 7% de croissance annuelle. La paix reste le préalable incontournable de la croissance économique, insiste encore le rapport.

 

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