R. D. du Congo : une délégation de la Cour pénale internationale à Bunia

29 septembre 2004

Selon la radio de la Mission de l'ONU en République démocratique du Congo (RDC), une délégation de la Cour pénale internationale se rend aujourd'hui à Bunia, en Ituri - la province du Nord-est de la RDC - dans le cadre de son enquête sur les crimes commis dans le pays où, selon la Cour, entre 5 000 et 8 000 meurtres auraient été perpétrés depuis juillet 2002.

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Selon les responsables de la section des Droits de l'homme de la Mission des Nations Unies au Congo (MONUC) à Bunia, cités par Radio Okapi, la radio de la Mission, cette délégation « va se pencher sur les crimes les plus graves commis par les personnes physiques depuis le 1er juillet 2002, date de l'entrée en vigueur de la CPI. »

En début de mois, le 8 septembre dernier, lors de la Troisième Assemblée des Etats parties à la CPI, le procureur Luis Moreno Ocampo avait rappelé qu'après une analyse rigoureuse, son Bureau avait annoncé, le 21 juin de cette année, l'ouverture d'une enquête sur la RDC où l'on estime, a-t-il indiqué à cette occasion, que le nombre de meurtres commis depuis le 1er juillet 2002, entre autres crimes, se situerait entre 5 000 et 8 000 (voir notre dépêche en date du 8 septembre.)

Une délégation de la Cour pénale internationale de justice avait effectué en juillet sa première mission officielle en RDC et annoncé déjà sur Radio Okapi, que, même si le travail d'enquête commençait effectivement dès cette première visite, le déploiement effectif des enquêteurs était prévu en septembre.

Au printemps 2003, des combats avaient fait rage à Bunia, chef-lieu de l'Ituri, entre Hémas de l'Union des patriotes congolais (UPC) et Lendus du Front de résistance patriotique de l'Ituri (FRPI), dévastant la ville que Carolyn McAsckie, alors Coordonnatrice adjointe de l'ONU pour les secours d'urgence, avait, au retour d'une visite, décrite comme une « ville fantôme ».

Des centaines de civils avaient été massacrés dans des conditions marquées par une extrême cruauté. Ce déchaînement de violence avait conduit le Conseil de sécurité de l'ONU à autoriser le déploiement d'une Force multinationale intérimaire d'urgence, l'opération Artémis sous commandement français, qui avait permis de ramener le calme à Bunia et dans la région en attendant le renforcement des effectifs et du mandat de la MONUC qui avait alors également été décidé par le Conseil et avait permis le déploiement de la Brigade de l'Ituri.

Des rapports successifs avaient par la suite établi l'ampleur des atrocités commises un peu partout dans la province (voir, parmi beaucoup d'autres, notre dépêche du 11 novembre 2003.)

 

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