Le colonel Khadafi pour la première fois à l'Assemblée générale l'an prochain

29 septembre 2004

La Libye qui, en un an, a conclu des accords d'indemnisation avec la France et les Etats-Unis, fait la démarche de se dénucléariser et a rétabli des relations avec l'Occident après plus de vingt ans d'isolement, a réclamé aujourd'hui des réformes radicales de l'ONU, un siège de membre permanent au Conseil de sécurité et annoncé la première participation du colonel Khadafi aux travaux de l'Assemblée.

« Avant même que nous ne puissions parler de manque de démocratie dans le monde, il nous faut admettre que celle-ci fait défaut aux Nations Unies », a déclaré aujourd'hui devant l'Assemblée générale, le ministre libyen des Affaires étrangères, Abdel Rahmane Chalgham.

Dans la mesure, a-t-il ajouté, où « l'Assemblée générale est le parlement des parlements et le Conseil de sécurité est le gouvernement des gouvernements, nous n'avons pas le droit de parler de démocratie et de réformes dans le monde jusqu'à ce que celles-ci soit en premier lieu prises en compte et corrigées au sommet. »

« Les 59 années écoulées ont montré que l'Assemblée générale était une instance purement décorative et sans âme et que le Conseil de sécurité détenait l'autorité et contrôlait tout ce qui se faisait aux Nations Unies », a poursuivi le ministre qui a proposé de faire de la prochaine session de l'Assemblée générale une réunion à laquelle participeraient tous les dirigeants du monde et qui déciderait d'une réforme radicale de l'Organisation.

Pour la première fois « et si Dieu le veut », a-t-il annoncé, le Président libyen, Muammar Kadhafi, participerait à cette 60e session, qui constituerait « un moment historique pour les Nations Unies » et l'occasion d'une « transformation des injustices existantes. »

« Nous proposons que cette 60e session ait lieu à Genève pour faciliter la participation de tous les dirigeants et les présidents du monde même si pour cela, un budget supplémentaire devrait être débloqué », a déclaré Abdel Rahmane Chalgham.

Les propositions libyennes de réformes, telles qu'exposées aujourd'hui, sont de deux ordres : le transfert de l'autorité ayant trait aux chapitre 6 et 7 de la Charte, actuellement détenue par le Conseil de sécurité, à l'Assemblée générale d'une part et de l'autre, l'élargissement du Conseil de sécurité à de nouveaux espaces géographies tels que l'Asie du Sud-est et l'Amérique latine.

Cet élargissement devrait aller de pair, selon le ministre, avec une réévaluation du droit de veto.

« Nous lançons une mise en garde », a-t-il déclaré. « Au moment où des actes unilatéraux émergent en dehors de l'enceinte de l'ONU, [celle-ci] cessera d'exister si une telle réforme n'est pas mise en œuvre. »

Le ministre libyen a rappelé « l'initiative unique, forte et audacieuse » prise par la Libye consistant en l'élimination de ses programmes d'armes de destruction massive, chimique et nucléaire et la remise de ces équipements à l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA).

Après avoir rappelé le rôle de son pays dans la création de l'Union africaine, sa position géostratégique, l'élaboration de la Troisième Théorie universelle, « à mi-chemin entre capitalisme et communisme » et du Livre vert qui « propose des solutions aux problèmes politiques, économiques et sociaux des sociétés », il a affirmé que « la Libye méritait un siège permanent au Conseil de sécurité. »

Il a indiqué que le colonel Khadafi avait proposé la création d'un Comité des sages constitué de Nelson Mandela, Michaël Gorbatchev et Bill Clinton qui serait l'autorité chargée de régler les conflits dans le monde et a recommandé que l'ONU adopte une résolution dans ce sens.

Compte rendu de la réunion

L'intégralité des interventions

 

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